
Les mers et océans de la fin du Crétacé abritaient des créatures monstrueuses. Récemment, des chercheurs japonais ont décrit le probable plus grand invertébré connu, qui côtoyait les emblématiques mosasaures et plésiosaures.
Nanaimoteuthis jeletzkyi et N. haggarti
Si les écosystèmes terrestres de la fin de l’ère des dinosaures étaient généralement dominés par une ou deux espèces, il en allait tout autrement dans les océans. En particulier dans l’Atlantique Est, où un nombre impressionnant était en concurrence. La récente analyse de fossiles de lointains parents des céphalopodes ajoute ces invertébrés à la liste, comprenant squales et reptiles géants.
Pieuvres et calmars étant dépourvus de squelette, la majeure partie de leur corps était peu susceptible de se fossiliser. Heureusement, il en allait autrement pour leurs mâchoires. Dans le cadre de travaux publiés dans la revue Science, une équipe internationale de chercheurs a examiné une trentaine de spécimens préhistoriques, attribués aux espèces Nanaimoteuthis jeletzkyi et N. haggarti.
Des comparaisons étroites à celles d’espèces éteintes et modernes indiquent que le premier pouvait mesurer jusqu’à 19 mètres de long, tandis que le second s’avérait sensiblement plus petit. N. jeletzkyi aurait ainsi rivalisé avec les plus grands reptiles marins de l’époque.
L’analyse de manteaux fossilisés (partie charnue en forme de sac contenant les organes internes des pieuvres), mesurant jusqu’à 4,4 mètres de long, indique une morphologie semblable à celle de leurs parents modernes.

Une usure caractéristique des mâchoires
L’usure des mâchoires les mieux conservées, nettement plus émoussées chez les individus plus âgés, indique de son côté un régime alimentaire composé de créatures à coquille rigide ainsi que des morsures ciblant des créatures dotées d’os épais. De telles découvertes illustrent la rude compétition qui existait dans les océans et mers du Crétacé, et suggèrent également que les céphalopodes défendaient chèrement leur peau.
Remontant à 100 millions d’années, les plus anciens fossiles décrits repoussent de 5 millions d’années l’origine des pieuvres, et renforcent l’idée d’une évolution similaire à celle des plus grands prédateurs vertébrés marins, et par extension d’une concurrence étroite.
« Ces deux groupes ont dans un premier temps développé des enveloppes plus robustes, pour se protéger des attaques de leurs congénères ou d’autres espèces de taille similaire, avant de troquer progressivement ces structures au profit d’une nage plus efficace, ainsi que d’un volume corporel et cérébral plus importants », conclut l’étude.
En 2025, des chercheurs avaient finalement résolu le mystère d’un monstre marin vieux de 85 millions d’années.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
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Catégories: Actualités, Histoire