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On croyait connaître Jezero, mais le radar de Perseverance révèle sous la surface une histoire martienne bien plus dérangeante

Une étude publiée le 18 mars 2026 révèle que Perseverance a repéré, sous le cratère Jezero, des structures façonnées par l’eau bien avant le delta visible en surface. Ce radar relance une question centrale: Mars est-elle restée habitable plus longtemps qu’on ne le pensait ?

Le rover Perseverance avance dans le cratère Jezero sur Mars, face à des reliefs rocheux stratifiés qui évoquent un ancien paysage façonné par l’eau.
Dans le cratère Jezero, Perseverance explore un paysage aride dont les couches rocheuses renforcent l’idée d’une histoire de l’eau martienne plus ancienne et plus complexe qu’attendu. – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Pourquoi les nouvelles données radar de Perseverance changent la chronologie de l’eau dans le cratère Jezero

Le site n’avait pas été choisi au hasard. Dès l’orbite, les scientifiques voyaient un ancien lac et l’empreinte d’un delta. Ensuite, le rover a confirmé ce décor humide sur le terrain, avec des roches sédimentaires, des carbonates et un passé lacustre ancien.

Mais l’essentiel se jouait plus bas. Entre septembre 2023 et février 2024, l’instrument RIMFAX a ausculté jusqu’à 35 mètres de profondeur sur 6,1 kilomètres. Résultat, des couches enfouies racontent une histoire bien plus ancienne que celle du delta observé en surface.

Comment le géoradar RIMFAX lit le sous-sol martien et dévoile des reliefs invisibles depuis la surface

RIMFAX fonctionne comme un sonar, mais avec des ondes radio. Il envoie un signal dans le sol, capte les échos et mesure leur retour. Ainsi, il distingue les interfaces entre matériaux différents et reconstitue une coupe du sous-sol sans creuser Mars.

Cet outil n’arrive pas seul. Les géologues comparent ses images avec les reliefs visibles, les roches observées et les cartes orbitales. Cette lecture croisée évite les contresens. Elle permet aussi d’estimer la forme des dépôts, leur ordre d’empilement et leur profondeur réelle.

Sur Mars, l’exercice reste délicat. Les signaux changent selon la poussière, la glace, les fractures et la composition des roches. Pourtant, les profils relevés à Jezero montrent des géométries cohérentes. Elles ressemblent à des chenaux, à des dépôts deltaïques et à un ancien paysage fluvial enfoui.

Des chenaux fossiles sous Jezero suggèrent qu’un autre delta existait déjà avant celui visible en surface

Les chercheurs décrivent plusieurs formes possibles. Certaines couches évoquent un système de rivières sinueuses. D’autres font penser à un cône alluvial ou à des rivières en tresses. Dans tous les cas, l’eau a déposé ici des sédiments avant le grand delta de l’ouest.

La fenêtre temporelle surprend. Les auteurs situent ces structures au début du Noachien, entre 4,2 et 3,7 milliards d’années. Le delta occidental déjà célèbre serait plus jeune, daté de la fin du Noachien ou du début de l’Hespérien. Cette inversion change le récit géologique.

Ce que cette découverte change pour la quête de vie sur Mars, alors que Jezero gagne encore en importance

Plus l’eau a circulé longtemps, plus les occasions de préserver des traces chimiques ou minérales augmentent. C’est le vrai enjeu. Jezero n’apparaît plus seulement comme un ancien lac spectaculaire. Le cratère devient un laboratoire où plusieurs épisodes humides ont laissé des archives potentiellement habitables.

Cette prudence reste essentielle. Les données radar ne prouvent pas que la vie a existé sur Mars. Elles montrent en revanche que l’environnement aqueux a duré plus longtemps que prévu. Pour les équipes scientifiques, cela renforce la valeur des échantillons déjà collectés et des futures analyses en laboratoire terrestre.

Enfin, cette étude arrive à un moment clé. Perseverance a déjà quitté le fond du cratère et poursuit son exploration au-delà du rebord. Chaque nouvelle lecture du terrain affine la carte d’un Mars ancien plus complexe, plus humide et peut-être habitable plus longtemps qu’attendu.

Par Eric Rafidiarimanana, le

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