
Éclairant la relation complexe, et remarquablement ancienne, que nous entretenons avec les chevaux, de récents travaux révèlent une utilisation sophistiquée de ceux-ci il y a environ six millénaires.
Chronologie précisée
Bien qu’il n’existe pas à ce jour de consensus concernant la domestication « complète », ou généralisée, de ces équidés, on la situe généralement entre le troisième et le second millénaire avant notre ère. Dans le cadre de travaux publiés dans la revue Science Advances, une équipe internationale de chercheurs a procédé à une analyse pluridisciplinaire sans précédent afin de préciser ses origines.
Renforçant l’idée d’un processus graduel et non homogène, intervenu à l’échelle de plusieurs générations dans de vastes portions de l’Eurasie, les nouvelles données génétiques et archéologiques indiquent que les chevaux étaient déjà montés, élevés et échangés 1 000 ans plus tôt.
Preuve de l’impact durable de l’Homme sur les lignées équines, il ne subsiste aujourd’hui aucun cheval dont l’histoire évolutive n’ait été, à un certain degré, influencée par l’activité humaine. Parfois présenté comme la dernière espèce sauvage, celui de Przewalski possède une histoire génétique complexe, caractérisée par des interactions étroites avec les premières populations domestiquées.
Ce processus a coïncidé avec l’expansion des populations des steppes eurasiennes vers l’est et l’ouest autour de 3500 à 3000 avant notre ère. Nous permettant de parcourir en quelques heures des distances qui auraient nécessité une journée de marche, les chevaux ont également bouleversé la circulation des marchandises : leurs attelages permettaient de les convoyer beaucoup plus rapidement que le bétail, utilisé jusqu’alors.

Un rôle clé
Ces migrations démographiques et échanges commerciaux longue distance ont largement contribué à la diffusion des langues (notamment proto-indo-européennes) et des cultures qui ont fini par façonner de larges pans du monde antique.
« On dit souvent que le monde a été conquis à cheval, et ces travaux l’attestent », estime Volker Heyd, co-auteur de la nouvelle étude, publiée dans la revue Science Advances. « Utilisés lors des grandes migrations eurasiennes et sur les champs de bataille de la Première et Seconde Guerre mondiale, ils ont également accompagné les conquistadors européens en Amérique et sont restés le principal moyen de transport terrestre longue distance jusqu’à l’ère industrielle. »
« Ces animaux occupant encore aujourd’hui une place particulière dans le quotidien et le cœur de nombreuses personnes, il est important de préciser la chronologie de cette relation unique », conclut le scientifique.
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