
De récents séquençages génétiques de fossiles de grands félins trouvés au Japon ont révélé qu’il ne s’agissait pas de tigres, comme on le supposait depuis longtemps, mais de lions préhistoriques.
Une espèce discutée
L’archipel nippon n’abrite aujourd’hui aucun grand fauve, mais des fossiles découverts au cours du XXe siècle ont montré que la situation était différente au cours de la Préhistoire. Jusqu’à présent, on ignorait toutefois à quelle espèce ils appartenaient.
Comme l’expliquent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue PNAS, à la fin du Pléistocène, les lions et les tigres faisaient partie intégrante de la mégafaune d’Asie de l’Est, avec des aires de répartition distinctes, correspondant essentiellement au nord de l’Eurasie pour les premiers et s’étendant plus au sud pour les seconds.
En raison des fluctuations du niveau de la mer, le Japon a été relié à plusieurs reprises au continent au cours des périodes interglaciaires, permettant à différentes espèces, dont au moins un grand félin, de migrer vers l’archipel. Si, au fil du temps, certains spécialistes ont proposé qu’il puisse s’agir de Panthera youngi ou d’un proche parent du léopard (Panthera pardus), l’hypothèse du tigre restait dominante.
#Ancient large cat fossils in Japan, once thought to be tigers, have been identified as extinct cave lions through DNA analysis, indicating lions, not tigers, roamed Japan during the Late Pleistocene. @PNASNews https://t.co/cPvEoRLpUZ https://t.co/rK5rEU1iCg
— Phys.org (@physorg_com) February 17, 2026
Des lions des cavernes au Japon
Afin de trancher le débat, les chercheurs ont analysé 26 témoignages fossiles de grands félins provenant d’une vaste région couvrant le sud-est de l’Extrême-Orient russe, le nord de la Chine et la péninsule coréenne. Bien qu’ils n’aient pu extraire qu’environ 0,1 % du contenu génétique, des fragments d’ADN mitochondrial ont suffi à identifier formellement des lions des cavernes eurasiatiques (Panthera spelaea), étroitement apparentés au lion américain éteint.
Les datations au radiocarbone suggèrent que les lions des cavernes ont atteint l’archipel il y a entre 72 700 et 37 500 ans. Si jusqu’à présent, leur dernier représentant connu dans cette partie de l’Asie vivait en Béringie (entre l’Alaska et la Russie) il y a environ 29 860 ans, le plus récent fossile japonais s’est avéré remonter à 18 000 ans seulement, ce qui signifie que ces grands félins y ont persisté 10 000 ans de plus qu’on ne le pensait.
Selon les chercheurs, de telles découvertes reflètent l’histoire paléogéographique unique du Japon, caractérisée par des périodes d’isolement relatif entrecoupées de connexions avec le continent, qui ont permis la persistance de populations reliques, telles que le loup japonais (Canis lupus), qui a survécu jusqu’à l’Holocène, ou l’intrigant « lapin fossile » des Ryukyu, toujours parmi nous.
Par Yann Contegat, le
Source: Connect Sci
Étiquettes: fossile, lion, japon
Catégories: Actualités, Histoire, Animaux & Végétaux