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Ce ver envoyé dans l’espace est revenu sur Terre avec… deux têtes !

On le sait maintenant, les voyages spatiaux peuvent changer un homme. Mais à quel point ? Après avoir fait un aller-retour dans l’espace, ce ver s’est retrouvé avec deux têtes qui repoussent après amputation, tel la créature mythologique l’Hydre. Il ne mesure cependant qu’un centimètre.

Une étude pour comprendre l’incidence des voyages spatiaux sur notre corps

En avril dernier, une équipe de scientifiques de l’université américain de Tufts a dévoilé les résultats de sont expérience sur le site Regeneration. L’étude scientifique consistait à envoyer des vers dans la Station Spatiale internationale (ISS) pendant cinq semaines en décembre 2015. A son retour sur Terre, l’un des vers est revenu avec une deuxième tête. Mais le phénomène ne s’arrête pas là, car après amputation de celle-ci, elle repoussait à nouveau.

L’espèce envoyée dans l’espace est un ver plat (Dugesia japonica), déjà connu pour ses rapides capacités de régénération après amputation. Mais c’est la première fois que les chercheurs observent un tel phénomène. « En plus de 18 ans d’expérience dans le maintien d’une colonie de Dugesia japonica qui comprend plus de 15 000 vers de contrôle rien qu’au cours des cinq dernières années, les chercheurs de Tufts n’avaient jamais observé l’apparition spontanée d’une double tête », affirment les chercheurs.

Les facultés de régénération du ver envoyé dans l’espace ont évolué une fois sur Terre. Les chercheurs ont remarqué qu’après avoir de nouveau coupé les deux têtes, celles-ci repoussaient de plus belle. Pour eux, ce constat démontre que « la modification du plan d’organisation du ver était permanente ».

Comparer les évolutions des vers entre la Terre et l’espace

Afin d’analyser au mieux les changements dus au voyage dans l’espace, les chercheurs ont gardé un groupe dit de contrôle sur Terre. En plus du phénomène de double tête, les vers qui avaient étaient à bord de l’ISS pouvaient se séparer en deux clones. Ce processus est désigné sous le terme de scissiparité. Les vers passaient également moins de temps dans l’obscurité par rapport à ceux restés sur Terre.

Mais il reste encore difficile d’affirmer de façon formelle que l’espace a une réelle incidence sur ces changements. En effet, en comparaison, le groupe resté sur Terre n’a pas vécu le voyage, ni subi d’atterrissage, des situations encore difficile à recréer sans les réaliser réellement. Il a été difficile de maintenir les deux groupes à la même température sur Terre et dans l’espace.

Dans une époque où la conquête spatiale se fait de plus en plus importante, il est désormais important de comprendre les divers changements que le corps peut subir. « Alors que les hommes vont connaître une transition et devenir une espèce spatiale, il est important de déduire l’impact des vols spatiaux sur notre santé dans l’intérêt de la médecine et du futur de la recherche spatiale », affirme Junji Morokuma, co-auteur de l’étude.

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— @DailyGeekShow