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Comment ce poème de Paul Verlaine a joué un rôle crucial dans le débarquement

Survenu il y a 70 ans, le D-Day fut assurément l’opération la plus décisive de la Seconde Guerre mondiale. Mais pour la mener à bien, les Alliés durent minutieusement préparer leur coup, notamment dans leur communication. Justement, une anecdote illustre parfaitement ce fait historique.

Lors du D-Day, où Opération Overlord, le plan des forces alliées consistait à débarquer des troupes sur les plages de Normandie avec une précision remarquable. Les soldats britanniques, américains ou encore issus des forces armées françaises libres, devaient coordonner leurs efforts entre différentes divisions, ou encore entre régiments terrestres et aériens.

Une image d'archive du débarquement via Shutterstock
Une image d’archive du débarquement via Shutterstock

Un des détails fondamentaux de cette journée décisive pour l’avenir de la Seconde Guerre mondiale, de l’Europe et du monde, concernait la manière dont le signal de départ du débarquement serait annoncé aux Français. Car pour une partie d’entre eux, la vie sous l’occupation allemande consistait à résister à l’envahisseur. Pour préparer le D-Day, leur mission était donc de saboter les infrastructures nazies, comme les lignes ferroviaires.

Pour prévenir la Résistance, les Alliés ont donc utilisé les canaux de diffusion de la BBC, se servant du poème de Paul Verlaine, « Chanson d’automne », pour détailler l’avancement de l’opération militaire. Ainsi, au 1er juin 1945, ils passèrent à la radio les trois premiers vers de l’oeuvre :

Les sanglots longs
Des violons
De l’automne

Paul Verlaine
Paul Verlaine

« Les Allemands croyaient à tort que ces vers étaient adressés à tous les circuits de la Résistance en France et que, lorsque les trois suivants seraient diffusés, cela signifierait que l’invasion suivrait dans les quarante-huit heures », explique l’historien Martin Gilbert dans son ouvrage « D-Day« .

Mais selon lui, « les vers ont été dirigés vers un circuit unique de résistance, Ventriloque, travaillant au sud d’Orléans« . Les mots de Paul Verlaine indiquaient à ces troupes « d’attendre les trois vers suivants, qui seraient le signal » demandant le sabotage des lignes de chemin de fer.

Une image d'archive du débarquement via Shutterstock
Une image d’archive du débarquement via Shutterstock

Ainsi, le 5 juin, furent diffusés les trois vers suivants du poème :

Blessent mon coeur
D’une langueur
Monotone

Les deux messages furent interceptés par les forces allemandes, qui comprirent qu’elles étaient importantes, mais ne prirent pas les bonnes mesures. Et pour cause : la division nazie chargée de l’interception radio pensa que le signal s’adressait à toute la France.

Une image d'archive du débarquement via Shutterstock
Une image d’archive du débarquement via Shutterstock

Elle alerta alors le Haut Commandement allemand de l’Ouest et une heure plus tard, la 15e armée de la Wehrmacht mit en garde ses différents corps contre une invasion probable qui pourrait survenir dans les 48 heures. Mais, selon Martin Gilbert, la 7e armée, qui avait reçu plusieurs fausses alertes par le passé, ne prit aucune mesure.

Finalement, la combinaison des frappes aériennes et du sabotage effectué au sol s’avéra extrêmement efficace, forçant même les Allemands à traverser la Seine par ferry, ou encore, retardant considérablement le rapatriement de deux divisions de panzers du front russe.

Une image d'archive du débarquement via Shutterstock
Une image d’archive du débarquement via Shutterstock

Cette anecdote sur un des détails du D-Day n’en a rien d’une. Car elle fait assurément partie de ces éléments sans lesquels le débarquement aurait pu conduire à un échec des Alliés, et peut-être à la victoire allemande de la guerre. Si ce type de faits historiques vous intéresse, découvrez également le funeste épisode de l’île de Ramree, qui fut la plus grande attaque de crocodiles de l’Histoire.

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