Alors que plus de la moitié des habitants du monde est entrée en confinement, beaucoup de personnes, en majorité des femmes, se retrouvent enfermées avec celui qui les maltraite. Des initiatives ont été prises par certains États et associations pour y faire face mais, malheureusement, le nombre de signalements de violences contre les femmes ne cesse d’augmenter.

Des chiffres en constante augmentation

Partout dans le monde, les violences conjugales augmentent. En France tout d’abord, France 3 Occitanie rapporte que, rien qu’à Toulouse, depuis le début du confinement, les violences conjugales ont augmenté de 83 % par rapport à la même période l’année dernière. Christophe Castaner a annoncé une « hausse de 32 % en zone de gendarmerie et 36 % à Paris » :

Partout dans le monde, ces chiffres sont sur une dangereuse pente ascendante. En Espagne, le nombre de femmes appelant le 016 (numéro consacré aux femmes victimes de violences) a augmenté de 18 % entre le 14 et le 29 mars, en comparaison avec la même quinzaine de février. Au Royaume-Uni, l’organisation Refuge compte 25 % d’appels en plus au service d’assistance National Domestic Abuse par rapport à il y a 2 semaines. En Inde, alors que le confinement, qui vient d’être décrété, est pratiquement irréalisable du fait de l’insalubrité et de l’étroitesse de la majorité des habitations, la Commission nationale pour les femmes (NCW, pour National Commission for Women) compte 58 plaintes reçues par email du 23 au 30 mars. Mais selon Rekha Sharma, le nombre réel est beaucoup plus important. Elle affirme que « les hommes sont frustrés de rester assis toute la journée à la maison, et ils déversent leur frustration sur les femmes« .

En Chine également, les violences conjugales ont fortement augmenté depuis le début des mesures de confinement, de même qu’au Mexique, où l’augmentation est la plus impressionnante, avec 60 % de cas de violences en plus. Aux États-Unis également les violences sont excessivement nombreuses dans les villes. La police de Houston par exemple a annoncé avoir reçu 300 appels de plus en mars par rapport à février.

— MikeDotta/Shutterstock.com

Des mesures prises pour enrayer la pandémie de violences

En France, Marlène Schiappa, secrétaire d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes, rappelle qu’on a le droit de sortir pour aller porter plainte. Le collectif féministe #NousToutes ne cesse de rappeler, depuis le début du confinement, qu’il n’est « pas interdit de fuir » :

C’est sans conteste Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, qui a la voix la plus forte, en exhortant les États à faire de la « sécurité des femmes une priorité » :

Un numéro dédié aux violences conjugales a été inauguré : 08 019 019 11

https://twitter.com/MarleneSchiappa/status/1247092592904413185?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1247092592904413185&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.franceinter.fr%2Fmonde%2Fles-signalements-lies-a-des-violences-contres-les-femmes-explosent-un-peu-partout-dans-le-monde

Des dispositifs ont été mis en place en France. Ainsi, les pharmaciens peuvent recueillir les signalements de violences. L’Autriche prévoit quant à elle de garantir des places dans les maisons de famille ou de placer le conjoint violent en quarantaine. L’Espagne, pionnière en Europe des mesures contre les violences faites aux femmes depuis plus de 20 ans, a mis en place dès le début du confinement un code : commander en pharmacie un « mascarilla-19 », un « masque-19 » qui permet aux victimes de signaler quand elles sont en situation de violences.

Le confinement, nécessaire pour enrayer la propagation de Covid-19, fait toutefois augmenter les cas de violences conjugales. Face à ce fléau, des dispositifs sont mis en place, mais ne sont pas suffisants.

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