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Cette mosaïque romaine montre que les femmes affrontaient aussi des bêtes féroces

Les vénatrices auraient combattu seins nus afin de susciter l’émoi de spectateurs masculins

— © Alfonso Manas / The International Journal of the History of Sport 2026 / CC-BY

Si certains écrits antiques les évoquaient, un chercheur américain décrit ce qu’il considère comme la première preuve visuelle de l’existence des « vénatrices », amenées à combattre des animaux sauvages dans les arènes de la Rome antique.

Jouteuses antiques

Les « venatores », signifiant chasseurs en latin, constituaient, avec les gladiateurs, l’attraction principale des jeux du cirque romain. Bien qu’il s’agisse majoritairement d’hommes, l’historien Cassius Dio évoquait la présence de vénatrices lors d’évènements organisés sous le règne de l’empereur Néron, et le poète Martial leur participation à l’inauguration du Colisée, en 80 de notre ère.

Publiés dans The International Journal of the History of Sport, de nouveaux travaux menés par Alfonso Manas, de l’université de Californie, désignent une mosaïque, mise au jour à Reims en 1860 et datant du IIIe siècle de notre ère, comme le tout premier témoignage visuel de ces jouteuses antiques.

Comme l’explique le chercheur, l’oeuvre elle-même avait été gravement endommagée par des bombardements durant la Première Guerre mondiale, mais les fragments récupérés correspondent étroitement aux croquis réalisés par l’archéologue Jean-Charles Loriquet en 1862, qui n’avait à l’époque pas été en mesure d’établir le sexe de l’individu, représenté muni d’un fouet et chassant un léopard.

Mosaïque romaine de Reims — © Alfonso Manas / The International Journal of the History of Sport 2026 / CC-BY

Tenue légère

Alors qu‘il avait été précédemment suggéré qu’il s’agisse d’un paegniarius « provoquant » les bêtes féroces lâchées dans l’arène, Manas note l’absence des vêtements rembourrés typiques de ces « clowns antiques », dont la principale mission consistait à distraire le public entre les combats de gladiateurs.

Évoquant une poitrine opulente, avec un sein droit pointu indiquant clairement qu’il s’agissait d’une femme, le chercheur suppose que les vénatrices étaient peut-être largement dénudées afin de « susciter l’émoi » des spectateurs masculins.

Dans ce cas précis, il s’agissait vraisemblablement d’une « succursor », ou « assistante », dont la fonction se résumait essentiellement à attirer ou à rabattre les animaux vers un autre venator, qui avait la lourde tâche de les occire.

Pour aller plus loin, découvrez également l’histoire des gladiatrices, ces femmes qui combattaient dans les arènes romaines.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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