Image d’illustration — Charlie Blacker / Shutterstock.com

Se formant de façon soudaine, les vagues scélérates représentent un important danger pour les navires et les infrastructures se trouvant sur leur chemin. Des chercheurs ont récemment identifié l’exemple le plus extrême jamais enregistré, apparu au large des côtes canadiennes.

Un mur d’eau de la taille d’un immeuble de 4 étages

Les vagues scélérates doivent un tel qualificatif à leur nature imprévisible, et sont techniquement définies comme mesurant plus du double de la hauteur de celles qui les entourent. Contrairement aux tsunamis, qui sont en grande partie causés par l’activité sismique, leur formation est liée à la force des courants, des vents ou des tempêtes qui peuvent faire fusionner des vagues distinctes, formant alors un gigantesque mur d’eau.

Décrit dans la revue Scientific Reports, l’exemple le plus extrême en la matière, d’une hauteur de 17,6 mètres, a été mesuré au large de la côte d’Ucluelet, près de Vancouver, en novembre 2020. Si la première vague scélérate connue, enregistrée en 1995 au large de la Norvège, s’avérait plus haute (25,6 mètres), elle était encadrée par des vagues de 12 mètres, contre 6 mètres seulement dans la cas de celle d’Ucluelet.

« Proportionnellement, la vague d’Ucluelet est probablement la vague scélérate la plus extrême jamais enregistrée », explique Johannes Gemmrich, chercheur à l’université de Victoria et auteur principal de l’étude. « Seules quelques vagues scélérates dans des états de haute mer ont été observées directement, et aucune de cette ampleur. La probabilité qu’un tel événement se produise est d’une fois tous les 1 300 ans. »

Simulation de la vague scélérate basée sur les données recueillies par la bouée de MarineLabs

Améliorer la détection de tels évènements

Difficiles à détecter et à mesurer, les vagues scélérates attirent de plus en plus l’attention en raison des dangers qu’elles représentent. Celle d’Ucluelet a été identifiée par l’organisme canadien MarineLabs, dont le réseau de détection CoastAware (actuellement composé de 26 bouées mais qui devrait en accueillir près de 70 d’ici la fin de l’année) vise à améliorer la prévision de tels événements le long de la côte nord-américaine.

« L’imprévisibilité et la puissance de ces murs d’eau peuvent les rendre incroyablement dangereux pour les opérations maritimes et les communautés côtières », souligne Scott Beatty, PDG de MarineLabs. « Nos données aident à mieux comprendre quand, où et comment les vagues scélérates se forment, et les risques qu’elles représentent. »

« L’objectif est d’améliorer la sécurité et la prise de décision grâce à une surveillance généralisée des côtes de la planète », conclut-il.

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