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Tchernobyl est devenu un éden pour des animaux rares, tels que les chevaux de Przewalski

Un rebond stupéfiant

— © Hr-Chrissi / Wikimedia Commons

Le 26 avril 1986, le réacteur 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl explosait, entraînant l’évacuation de plus de cent mille personnes et l’établissement d’une vaste zone d’exclusion, qui s’est aujourd’hui muée en véritable sanctuaire pour la vie sauvage.

Une vie animale foisonnante et rare

Afin d’évaluer la diversité faunique autour de la centrale, des chercheurs se sont appuyés sur des pièges photographiques. S’il s’est avéré qu’elle présentait des populations nettement plus importantes que la réserve naturelle voisine de Drevlianskyi et des zones non protégées proches, elle se distinguait également par la présence d’animaux rares, comme les chevaux de Przewalski, les lynx, les élans, les cerfs élaphes, les chiens viverrins et les ours bruns.

Contrairement à ce que l’équipe supposait, des taux supérieurs d’espèces plus communes, comme les renards roux, réputés pour leur remarquable capacité d’adaptation, n’ont pas été mis en évidence, ce qui suggère qu’elles sont moins affectées par les activités humaines.

Les chevaux de Przewalski constituent un exemple particulièrement frappant. Déclarés éteints à l’état sauvage à la fin des années 1960, ils ont été réintroduits dans certaines régions d’Ukraine à la fin des années 1990. Au total, plus d’un millier de clichés de ces équidés ont été pris dans la zone d’exclusion de Tchernobyl depuis 2016. À l’instar des ours bruns, au cours de cette période, aucune observation n’a été réalisée en dehors de celle-ci.

Selon l’équipe, dont les travaux sont publiés dans la revue Proceedings of the Royal Society B, cette situation serait potentiellement liée à un récent bouleversement écologique. « Il est probable qu’après les feux de forêt massifs de 2020 et 2021, la végétation luxuriante s’étant développée sur ces sols riches ait massivement attiré des espèces d’ongulés telles que le cheval de Przewalski et le cerf élaphe », estime Svitlana Kudrenko, auteur principale de la nouvelle étude.

La question des radiations

Bien que Kudrenko et ses collègues ne se soient pas penchés sur les effets de la radioactivité ambiante, ils évoquent des études antérieures ayant conclu que celles-ci n’avaient qu’un impact minime sur les populations de mammifères de la zone.

En 2024, des recherches avaient même montré que les loups gris de Tchernobyl présentaient un système immunitaire différent des populations environnantes, avec des mutations similaires à celles des patients humains suivant une radiothérapie, susceptibles de réduire le risque de cancer.

Illustrant le profil unique de la zone d’exclusion, les dernières observations ont également des implications pour la conservation globale de la faune sauvage. « Comme beaucoup d’autres, nos travaux soulignent l’importance de vastes zones pour assurer la pérennité des espèces rares », conclut Kudrenko.

L’an passé, une étude avait conclu que des milliers d’hectares autour de Tchernobyl pouvaient à nouveau être cultivés en toute sécurité.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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