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Une récente série d’expériences a montré que le fait d’entendre une note associée à une expérience positive pendant le sommeil contribuait à réduire significativement la fréquence des mauvais rêves.

Une approche combinée

On estime que jusqu’à 8 % de la population est sujette aux cauchemars chroniques. Consistant à se remémorer à plusieurs reprises le scénario du rêve pendant la journée et à le rediriger vers une issue plus positive, la thérapie par répétition d’images (IRT) constitue actuellement l’approche la plus utilisée, mais il s’avère que 30 % des sujets n’y répondent pas.

Pour faciliter le rappel de mémoire, certains traitements consistent à faire entendre un son spécifique au moment où la personne se constitue de nouveaux souvenirs, puis à lui faire écouter ce même son pendant son sommeil. Cela se fait souvent pendant la phase de sommeil paradoxal (REM), au cours de laquelle les cauchemars sont les plus susceptibles de se produire.

Dans le cadre de travaux publiés dans la revue Current Biology, des chercheurs de l’université de Genève ont exploré son potentiel pour réduire l’occurrence des mauvais rêves. Ayant déclaré faire plus d’un cauchemar par semaine, la cohorte a été divisée en deux groupes de 18 sujets, qui ont appris à réaliser l’IRT eux-mêmes chez eux, à raison de séances quotidiennes de 5 minutes pendant 15 jours. Au cours de celles-ci, une note de piano considérée comme neutre était diffusée chez les membres de l’un des groupes, afin qu’ils l’associent à la version positivement redirigée de leur rêve.

Rêves
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Durant ces deux semaines, les deux groupes ont porté chaque nuit un bandeau qui surveillait leur phase de sommeil en détectant l’activité cérébrale. Lorsqu’ils entraient en phase de sommeil paradoxal, les sujets entendaient la tonalité à laquelle un seul groupe était exposé pendant les séances d’IRT, jouée à intervalles de 10 secondes.

Des résultats impressionnants

À l’issue de cette phase, les membres du groupe ayant reçu la thérapie combinée par répétition et sons ont déclaré avoir fait cinq fois moins de cauchemars que l’autre, et également ressentir davantage d’émotions positives durant leurs rêves. Il s’avère que cette tendance s’est maintenue jusqu’à la fin de la période de suivi de l’expérience (3 mois).

Selon Mark Blagrove, de l’université de Swansea, de tels résultats suggèrent que ce traitement combiné pourrait rapidement devenir l’approche référence pour réduire la fréquence et l’intensité des cauchemars.

« On pourrait traiter les personnes par IRT en clinique et en cabinet, puis les renvoyer chez elles avec ces appareils repérant les différents stades du sommeil afin de déclencher le signal auditif émis pendant l’IRT au moment opportun », conclut-t-il.

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