— Liv friis-larsen / Shutterstock.com

Pour la première fois, une équipe de chercheurs américains a pu déterminer par quels biais la consommation de thé vert et noir contribuait à réduire l’hypertension artérielle. Ces découvertes pourraient permettre de traiter plus efficacement cette affection chronique.

Des catéchines aux vertus antihypertensives

Chaque jour dans le monde, plus de deux milliards de tasses de thé sont bues, ce qui fait de lui la seconde boisson la plus consommée après l’eau. Il s’avère également que les trois thés caféinés les plus populaires (vert, oolong et noir) sont tous produits à partir des feuilles de l’espèce à feuilles persistantes Camellia sinensis.

Dans le cadre de travaux présentés dans la revue Cellular Physiology and Biochemistry, le Dr Geoffrey Abbott et ses collègues de l’université d’Irvine ont découvert que le thé vert et le thé noir contenaient deux composés flavonoïdes (catéchines), activant chacun un type spécifique de protéine de canal ionique KCNQ5, permettant aux ions potassium de circuler hors des cellules afin de réduire leur excitation. KCNQ5 se trouvant dans le muscle lisse tapissant les vaisseaux sanguins, l’équipe a déterminé que son activation par les catéchines du thé détendrait également les vaisseaux sanguins.

« En utilisant la modélisation informatique et des études de mutagenèse, nous avons constaté que des catéchines spécifiques se lient au pied du capteur de tension, qui est la partie de KCNQ5 qui permet au canal de s’ouvrir en réponse à l’excitation cellulaire. Cette liaison permet au canal de s’ouvrir beaucoup plus facilement et plus tôt lors de ce processus », a expliqué Abbott.

Modèle structurel montrant un flavonoïde (bleu/rouge) se liant à la base du capteur de tension (vert) de KCNQ5, un type de canal potassique présent dans les vaisseaux sanguins humains — © Geoff Abbott / UCI School of Medicine

Alors que de précédentes recherches avaient lié la consommation de thé à une réduction significative du risque global de mortalité et de la pression artérielle, c’est la première fois que le rôle des catéchines est mis en évidence. D’après les auteurs de l’étude, celle-ci a des implications majeures pour l’amélioration de la santé humaine, étant donné que l’hypertension est une affection très courante considérée comme le premier facteur de risque « modifiable » de maladie cardiovasculaire et de mortalité prématurée.

Des propriétés bénéfiques activées que le thé soit consommé froid ou chaud

Au Royaume-Uni et aux États-Unis, le thé est généralement consommé avec du lait. Bien que les chercheurs aient constaté que l’ajout de lait empêchait l’activation du canal KCQ5 lorsque le thé était appliqué directement sur des cellules, Abbott a affirmé que ce dernier était peu susceptible d’interférer avec les effets antihypertenseurs du thé vert et noir à l’intérieur de notre organisme.

« Nous sommes convaincus que l’estomac humain séparera les catéchines des protéines et autres molécules du lait qui, autrement, bloqueraient les effets bénéfiques de ces composés », a détaillé le chercheur. « La température de notre corps étant d’environ 37 °C, les propriétés bénéfiques et antihypertensives du thé seront activées qu’il soit consommé glacé ou chaud. »

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