Aller au contenu principal

Cette araignée imite un « champignon zombie » pour tromper ses prédateurs et ses proies

Un camouflage mortel

T. waska — © Alex Bently / iNaturalist / CC-BY

Les araignées sont souvent présentées, à juste titre, comme les reines du camouflage. Si certaines sont connues pour se déguiser en insectes, une espèce nouvelle pour la science imite à la perfection un redoutable parasite fongique.

Taczanowskia waska

Preuve de l’efficacité d’un tel subterfuge, les scientifiques pensaient au départ que le spécimen qu’ils observaient, suspendu sous une feuille et parfaitement immobile, avait succombé à Gibellula, genre de champignons pathogènes étroitement apparenté au célèbre Cordyceps, au cœur de l’intrigue de The Last of Us.

Infiltrant son hôte grâce à son mycélium (réseau de filaments semblables à des racines), le champignon zombie se développe progressivement à l’intérieur de ses tissus. À un certain stade, l’araignée développe de petites structures semblables à des antennes, qui libèrent ensuite des spores susceptibles d’infecter ses congénères.

Baptisée Taczanowskia waska, la nouvelle espèce évolue dans les forêts tropicales de l’Équateur. On suppose que son ingénieux déguisement l’aide à tromper la vigilance de ses prédateurs et de ses proies.

« La coloration pâle de l’abdomen, parsemée de petites pointes blanches, imite parfaitement le mycélium du champignon », écrivent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Zootaxa. « Ses deux tubercules au revêtement jaunâtre et cotonneux sont également étroitement similaires aux stromas [les fameuses antennes évoquées plus haut] des Gibellula. »

Les stromas de Gibellula — © D. Newman & P. Kaishian / MycoPortal / Wikimedia Commons

Science citoyenne et collaboration internationale

Selon l’équipe, l’arachnide avait été initialement photographié par un membre de la plateforme en ligne iNaturalist. Une poignée d’individus ont par la suite été collectés et comparés à des spécimens provenant des collections de musées du monde entier. Une correspondance étroite a été établie avec un arachnide collecté en Bolivie en 1903 et conservé en Allemagne.

L’observation d’attributs similaires suggère qu’au moins quatre autres espèces d’araignées, dont deux nouvelles pour la science, imiteraient des infections fongiques avec un sens du détail saisissant.

Précédemment, des chercheurs avaient constaté que certaines araignées Cyclosa créaient des « épouvantails géants », les aidant à échapper à un sort peu enviable.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

Étiquettes: , ,

Catégories: ,

Partager cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *