
Les forêts épaisses de la Bolivie abritent une faune aussi riche que cryptique. Récemment, des chercheurs ont décrit une nouvelle espèce de félin y résidant, ce qui constitue une première depuis plus d’un siècle pour ces animaux.
Tigres de poche
Le genre de félins américains Leopardus regroupe différents petits félidés, parmi lesquels l’ocelot, le margay et les chats-tigres. La nature sauvage de leurs habitats et le mode de vie nocturne de ces derniers compliquant largement leur identification et leur classification, on les a longtemps considérés comme une seule espèce, nommée Leopardus tigrinus et considérée comme vulnérable par l’Union internationale pour la conservation de la nature.
Il a fallu attendre le début des années 2010 pour que des séquençages génétiques de ces prédateurs de la taille d’un chat domestique, observés dans une bonne partie de l’Amérique du Sud et centrale, soient réalisés. Si leurs noms locaux et de légères disparités physiques le suggéraient depuis longtemps, ce processus a conduit à la reconnaissance du chat-tigre du Sud (L. guttulus), L. emiliae, et du chat-tigre nébuleux (L. pardinoides) en plus de L. tigrinus tigrinus.
Dans le cadre de travaux publiés dans la revue Current Biology, Eduardo Eizirik, de l’Université pontificale catholique de Porto Alegre, et ses collègues ont analysé les génomes complets de 38 représentants du genre Leopardus, dont 26 chats-tigres couvrant l’ensemble de leur aire de répartition connue, qui s’étend du Costa Rica aux régions andines ainsi qu’aux forêts tropicales de l’est de l’Amérique du Sud.

Leopardus tilcayo et L. tigrinus antisuyo
Ces nouveaux séquençages ont conduit à l’identification d’une cinquième espèce distincte, évoluant dans les Yungas boliviennes, sur le versant est de la cordillère. Mesurant entre 42 et 50 centimètres de long pour un poids de 1,5 à 2 kilos, Leopardus tilcayo a divergé de la lignée comprenant L. tigrinus tigrinus et L. pardinoides il y a près de 1,4 million d’années.
L’équipe a également découvert que les forêts du Pérou abritaient une nouvelle sous-espèce, baptisée L. tigrinus antisuyo. Comme L. tilcayo, elle présente la morphologie typique des chats-tigres, mais un pelage aux teintes et motifs sensiblement différents.
La densité des environnements forestiers sud-américains et les nombreux obstacles naturels qui les séparent suggèrent que d’autres espèces de félins attendent encore d’être découvertes. Un meilleur aperçu de la diversité des chats-tigres va de son côté permettre d’orienter les efforts de conservation, à l’heure où leurs habitats historiques sont menacés par l’expansion agricole.
Précédemment, des chercheurs avaient résolu des mystères de longue date sur l’évolution des félins.
Par Yann Contegat, le
Source: New Scientist
Étiquettes: félin, chat-tigre
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