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Des chercheurs ont comparé trois stratégies pour sauver l’Amazonie et l’une se démarque clairement

Faut-il vraiment replanter des millions d’arbres pour sauver l’Amazonie ? Une vaste étude bouscule cette évidence. Après avoir comparé trois stratégies de conservation au Brésil, les chercheurs révèlent qu’une priorité moins spectaculaire pourrait offrir des bénéfices écologiques bien supérieurs sur le terrain.

Vue aérienne de la forêt amazonienne traversée par un fleuve au coucher du soleil au Brésil.
En Amazonie brésilienne, la protection des forêts existantes contre la déforestation et les perturbations joue un rôle majeur dans la préservation de la biodiversité et du stockage du carbone – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Trois stratégies mises à l’épreuve dans une Amazonie où chaque hectare compte désormais

Pour départager les solutions, les chercheurs ont étudié plus de trois millions d’hectares dans deux régions de l’Amazonie brésilienne. Publiée dans la revue Science, leur étude combine observations de terrain, données satellitaires et modélisation. Elle couvre notamment 38 bassins versants et 499 propriétés rurales, permettant d’observer des paysages très différents.

Trois scénarios ont alors été confrontés : empêcher la disparition complète des forêts, éviter leur dégradation par les incendies et l’exploitation forestière, ou restaurer des terres agricoles. L’équipe a évalué leurs effets sur le carbone ainsi que sur 160 espèces d’oiseaux et 426 espèces d’arbres, sans oublier leur coût économique.

Le résultat le plus frappant concerne les forêts qui semblent encore intactes

Premier enseignement : sauver un arbre déjà debout peut être bien plus efficace que devoir en faire pousser un nouveau. Les interventions empêchant les perturbations forestières, notamment les incendies et certaines formes d’exploitation, ont procuré les bénéfices les plus importants pour la biodiversité parmi les stratégies étudiées.

Ce résultat révèle un problème assez discret. Une forêt peut rester visible depuis le ciel tout en étant profondément fragilisée. Le feu, les coupes et les effets de lisière modifient son fonctionnement sans nécessairement la faire disparaître immédiatement. Protéger l’Amazonie ne consiste donc pas seulement à empêcher les bulldozers d’avancer.

La lutte contre la déforestation demeure pourtant cruciale. Dans l’étude, elle offre les plus grands bénéfices pour le carbone. Mais considérer uniquement les hectares totalement déboisés risque de laisser passer une partie du problème : des forêts toujours présentes sur les cartes peuvent déjà perdre une fraction de leur richesse biologique.

Replanter des arbres reste indispensable, mais pas forcément là où on l’imagine

La restauration possède une image particulièrement séduisante : un terrain dégradé, de jeunes arbres, puis le retour progressif d’une forêt. Sur le terrain, l’équation est plus difficile. Utilisée seule à l’échelle étudiée, cette stratégie s’est révélée moins efficace et plus coûteuse que les mesures évitant directement les pertes.

Cela ne condamne absolument pas la restauration. Elle devient particulièrement précieuse dans les paysages où une grande partie de la forêt originelle a déjà disparu. Tout dépend donc du point de départ. Là où une forêt mature subsiste, la priorité consiste à la conserver. Là où elle a disparu, reconstruire les écosystèmes retrouve tout son sens.

La meilleure réponse apparaît finalement lorsque les stratégies cessent de s’opposer

C’est peut-être la révélation la plus intéressante de l’étude. À l’échelle analysée, des gains nets simultanés pour la biodiversité et le carbone nécessitaient de combiner la prévention de la déforestation avec la protection contre les perturbations. Ajouter la restauration permettait ensuite d’obtenir des gains encore plus importants.

Autrement dit, la question n’est pas simplement de choisir entre protéger ou replanter. Les chercheurs proposent plutôt une hiérarchie des urgences adaptée aux paysages : conserver ce qui tient encore debout, empêcher sa dégradation, puis restaurer intelligemment les zones où la forêt a déjà été perdue.

Cette logique devient d’autant plus importante avec l’évolution du climat. Les jeunes forêts restaurées peuvent elles-mêmes rester vulnérables aux incendies, rappelle l’équipe. Restaurer sans sécuriser les forêts existantes reviendrait alors à réparer une partie du toit pendant qu’une autre continue de brûler. Une image qui change sensiblement la manière d’envisager l’avenir de l’Amazonie.

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