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Une étude à grande échelle sur des animaux a récemment établi un lien entre la taille du cerveau et le bâillement. Plus précisément, celle-ci a révélé que les vertébrés ayant un plus gros cerveau et davantage de neurones avaient tendance à bâiller plus longtemps.

101 espèces étudiées

Dans le cadre de travaux présentés dans la revue Communications Biology, des chercheurs ont rassemblé des données sur plus de 1 200 bâillements distincts provenant de visites de zoos et de vidéos en ligne, couvrant 55 espèces de mammifères et 46 espèces d’oiseaux au total, et ont découvert des associations fortes entre la durée du bâillement d’un animal et la taille de son cerveau. « Nous nous sommes rendus dans plusieurs zoos avec une caméra et avons attendu près des enclos afin de filmer les bâillements des animaux », explique l’éthologue Jorg Massen. « C’était une entreprise assez chronophage. »

Cette étude pourrait combler certaines lacunes dans les connaissances communes sur le bâillement, notamment la raison pour laquelle il se produit, ainsi que pourquoi les girafes en sont incapables. Selon l’équipe, bien que le modèle de bâillement soit fixe, sa durée a évolué en même temps que la taille du cerveau et le nombre de neurones. Cette fonction semble en outre avoir été préservée chez les différents mammifères, de sorte que son origine évolutive peut être retracée jusqu’aux ancêtres typiques des mammifères et des oiseaux, voire au-delà.

En 2007, une étude avait suggéré que le bâillement contribuait à « ventiler » le cerveau, et que les cerveaux plus volumineux nécessitaient par extension des bâillements plus longs pour être correctement refroidis. Appuyant cette hypothèse, les nouvelles données recueillies révèlent également que les mammifères bâillent plus longtemps que les oiseaux. Ceux-ci possédant une température interne plus élevée, l’écart avec celle de l’air ambiant se révèle plus important, et sous-entend qu’un bâillement plus court est suffisant pour faire entrer de l’air plus frais.

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Des conclusions similaires avaient été tirées dans le cadre de travaux menés en 2016 sur des humains et ayant impliqué l’analyse de plus de 200 bâillements chez 24 espèces. À l’époque, les chercheurs avaient constaté que les bâillements les plus courts (0,8 seconde) étaient produits par les souris, et les plus longs (6,5 secondes) par les humains.

Une fonction thermorégulatrice et probablement sociale

« Par l’inhalation simultanée d’air frais et l’étirement des muscles entourant les cavités buccales, le bâillement augmente le flux de sang plus frais vers le cerveau, et a donc une fonction thermorégulatrice », explique l’éthologue Andrew Gallup de l’université d’État de New York.

Les auteurs de la nouvelle étude rappellent qu’ils n’ont établi aucune association avec l’intelligence, mais seulement avec la taille du cerveau et le nombre de neurones qu’il possède, et que la fréquence des bâillement n’a pas non plus été étudiée (sachant que les humains ont tendance à bâiller entre cinq et dix fois par jour). Ces travaux ont également confirmé que le bâillement était contagieux. Ce qui suggère qu’il possède aussi une fonction sociale, en plaçant un groupe d’individus dans un état d’esprit similaire et en contribuant probablement à la synchronisation des schémas de sommeil.

Bien que d’autres recherches doivent être menées pour comprendre exactement pourquoi nous bâillons, les scientifiques concluent que « ces résultats donnent davantage de poids à l’hypothèse de la thermorégulation du cerveau ».

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