Notre surconsommation d’antibiotiques nous mène à une catastrophe sanitaire mondiale

L’Organisation Mondiale de la Santé estime que les bactéries sont de plus en plus résistantes aux antibiotiques, souvent surconsommés et mal utilisés. Une tendance inquiétante qui pourrait rendre les infections courantes et les petites blessures à nouveau mortelles.

 

Les conséquences effroyables de la mauvaise utilisation des antibiotiques

Les antibiotiques ont été découverts dans les années 1920 et ont depuis permis de sauver la vie de dizaines de millions de personnes en luttant efficacement contre des maladies comme la pneumonie, la tuberculose ou la méningite. Malheureusement, les bactéries en question ont évolué au fil des années et développé une résistance aux antibiotiques qui représente selon l’OMS l’une des plus graves menaces pesant sur la santé mondiale : « Pour un nombre croissant d’infections, comme la pneumonie, la tuberculose ou les maladies d’origine alimentaire, le traitement devient plus difficile, voir impossible, du fait de leur perte d’efficacité ».

Comme l’a précisé Suzanne Hill, chef de l’unité des médicaments essentiels à l’OMS : « Nous craignons l’avènement d’une ère postantibiotique dans laquelle les infections courantes et les petites blessures seront à nouveau mortelles. La surconsommation et la sous-consommation d’antibiotiques sont les causes majeures de la résistance antimicrobienne ». Selon le rapport de l’Organisation mondiale de la Santé, cela se produit par exemple lorsque les patients ne vont pas au bout de leur traitement, utilisent des antibiotiques dont ils n’ont pas besoin ou utilisent des médicaments frelatés.

 

Un problème mondial

Se basant sur des données collectées en 2015 dans 65 pays, le document met en avant d’importantes disparités en ce qui concerne la consommation de médicaments dans le monde. Des différences qui indiquent que certains pays consomment trop d’antibiotiques et que d’autres n’ont pas suffisamment accès à ce type de médicaments. À titre d’exemple, ce sont en moyenne 4 doses quotidiennes pour 1 000 habitants qui sont consommées au Burundi contre 18 en Europe et plus de 64 en Mongolie. Pour l’OMS, il est indispensable que l’industrie pharmaceutique mette rapidement au point une nouvelle génération de médicaments capable de lutter contre ces super-bactéries ultra-résistantes.

Sans antibiotiques et antimicrobiens efficaces, un grand nombre d’infections courantes pourraient en effet devenir mortelles. On rappelle que la résistance microbienne peut toucher toute personne à n’importe quel âge. Afin de limiter les risques, il est conseillé de ne jamais exiger d’antibiotiques contre l’avis du soignant, de toujours aller au bout du traitement pour éviter la croissance des bactéries résistantes aux médicaments, et de limiter la propagation des infections par la vaccination, le lavage des mains, les rapports sexuels à moindre risque et une bonne hygiène alimentaire (les aliments doivent être bien cuits et conservés à une température adaptée).

© Pixabay

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