Initiez-vous au Yonkoma, cet amusant manga japonais constitué de seulement 4 cases

Vous connaissez la forme classique des mangas, mais avez-vous déjà lu un Yonkoma ? Genre dérivé de la bande dessinée apparu au Japon dans les années 40, il vous propose de découvrir des histoires courtes où l’humour siège en bonne place, et ce en seulement 4 cases. SooGeek vous en apprend plus sur ce style de manga. 

Le Yonkoma est un style de manga composé de 4 cases qui joue principalement sur l’humour, qui peut se lire de droite à gauche ou du haut vers le bas. Le mot vient du japonais qui veut littéralement dire « 4 cases », mais ce style de manga, répandu au Japon, est aussi présent dans plusieurs pays asiatiques. Avec son format, il n’est pas sans rappeler des BD anglophones comme Garfield, les Peanuts ou Calvin et Hobbes. Et pour cause…

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L’histoire du Yonkoma est intimement liée à celle du Japon et ce style n’aurait jamais vu le jour sans les Américains. Au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, les Américains qui occupent encore l’archipel diffusent leur culture, et notamment les comic strips, ces mini bandes dessinées humoristiques en 3 ou 4 cases. Leur format original et la grande place accordée à l’humour inspirent les auteurs nippons qui donnent naissance en 1946 aux premiers Yonkoma. Le tout premier manga utilisant ce format est Sazae-San, sorti en 1946, où l’on suit les aventures et le quotidien d’une famille japonaise après la guerre. Mais à l’origine, ils étaient plutôt publiés dans la presse. Depuis ils sont devenus un format de manga et peuvent aussi devenir des apartés servant à communiquer avec les lecteurs à la fin des tomes.

Si vous souhaitez vous lancer dans le Yonkama, il vous faut maîtriser son système d’écriture : le Kishotenketsu. L’histoire de chaque Yonkoma repose sur ce principe simple qui donne à chaque case (dont le nom est celui des syllabes du mot) une fonction précise.

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Dans la première case, Ki, vous plantez le décor de l’action et introduisez les personnages. La deuxième case, Sho, sert à prolonger l’introduction et préparer l’histoire à un twist sans introduire d’éléments majeurs. Dans la troisième case, Ten, vous pouvez vous lâcher en faisant apparaître l’élément important de l’histoire. Enfin dans la dernière case, Ketsu, vous placez la conclusion de votre histoire qui fait écho à l’événement survenu dans la troisième case. C’est souvent elle qui contient les blagues et qui fait sourire le lecteur. Et le système du Kishotenketsu est aussi utilisé dans le game-design (notamment par Shigeru Miyamoto pour imaginer le scénario de certains jeux Mario) ou pour écrire une dissertation.

Parmi les séries connues qui sont au format Yonkoma, on trouve K-ON !, ce school-life racontant les aventures de 4 lycéennes montant un groupe de musique. Mais on trouve également Axis Powers Hetalia, une série popularisée par Internet où chaque pays (ses coutumes, l’attitude de ses habitants ou ses symboles) est personnifié par un avatar manga. Enfin, les Yonkoma qui ont propulsé le genre, même s’ils sont plus connus chez nous à travers leurs adaptations animées, sont Lucky Star et Mes voisins les Yamada.

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Aussi appréciés que les mangas classiques, les Yonkoma tiennent une place importante dans la littérature nippone. S’ils ont aidé le pays à se reconstruire après la guerre, ils ont aussi inspiré des générations de mangakas tout en leur offrant une nouvelle manière d’inventer des histoires. Ses codes simples et l’omniprésence de l’humour en font des œuvres lisibles par tous qui n’ont pas fini d’envahir les rayons des librairies et les pages internet. Préférez-vous les Yonkoma ou les mangas plus traditionnels ?


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