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La morsure des félins à dents de sabre était encore plus redoutable qu’on ne le pensait

« Ces analyses appuient l’idée que leurs crocs pouvaient percer des structures osseuses épaisses sans subir de dommages »

Image d’illustration — Daniel Eskridge / Shutterstock.com

Alors que l’on pensait les longues canines des Smilodon plutôt fragiles, l’examen des restes de grandes herbivores préhistoriques en Argentine révèle que ces félins à dents de sabre pouvaient s’attaquer à des os épais sans risquer de les endommager.

Mégafaune préhistorique

Les fossiles examinés provenaient de Salto de Piedra, à environ 350 kilomètres au sud de Buenos Aires. Au cours des dernières décennies, ses fouilles ont révélé les ossements de nombreux représentants de la mégafaune sud-américaine du Pléistocène, incluant tatous et paresseux géants, ainsi que mastodontes et félins à dents de sabre tels que Smilodon populator.

Comme l’expliquent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue BMC Ecology and Evolution, il s’agit de l’un des sites préhistoriques argentins les mieux datés, offrant un aperçu sans précédent de l’évolution de ses populations animales à l’échelle de milliers d’années.

Il s’avère que les félins à dents de sabre évoluaient dans la région il y a 22 200 à 13 300 ans. Jusqu’à présent, on supposait que leurs canines surdimensionnées, pouvant dépasser 25 centimètres de long, constituaient une forme de compromis évolutif : efficaces pour percer les tissus de leurs proies, elles étaient nettement plus susceptibles de se briser sur leurs os.

Peu convaincus par cette hypothèse, Yolanda Fernandez-Jalvo, du Musée des sciences naturelles de Madrid, en Espagne, et ses collègues ont analysé les marques de prédation (perforations et rainures) sur les os des grands herbivores de Salto de Piedra qu’ils ciblaient.

Des os corticaux fracturés

La mesure de leur longueur, leur largeur et leur profondeur a révélé qu’une bonne partie d’entre elles correspondait étroitement à celles laissées par les dents des Smilodon. Dans plusieurs cas, les marques coniques, typiques des canines de ces grands félidés, étaient associées à la fracturation de l’os cortical dur, représentant environ 80 % de la masse osseuse des animaux qu’ils chassaient.

Selon l’équipe, il s’agit des preuves directes les plus évidentes des interactions des félins à dents de sabre avec leurs proies, contribuant ainsi à éclairer leurs stratégies de prédation.

« Ces analyses appuient l’idée que leurs crocs pouvaient percer des structures osseuses épaisses sans subir de dommages, ce qui indique une robustesse mécanique bien plus importante qu’initialement estimé », conclut Federico Agnolín, du Musée argentin des sciences naturelles.

Précédemment, des chercheurs avaient mis au jour les restes du plus ancien prédateur connu à dents de sabre, qui vivait il y a 270 millions d’années.

Par Yann Contegat, le

Source: New Scientist

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