Le Simbakubwa était un prédateur féroce qui régnait il y a environ 23 millions d’années. Ce sont des dents et des fragments d’os qui ont permis son identification, et il était environ 7 fois plus massif qu’un lion adulte actuel. Retour sur cette découverte fantastique publiée le jeudi 18 avril dans le Journal of Vertebrate Paleontology.

Une identification grâce aux restes

Les restes qui ont permis l’identification ne viennent pas d’être récemment découverts. Il y a plusieurs dizaines d’années déjà, des archéologues les avaient mal identifiés à Meswa Bridge, et ils ont été depuis conservés dans le musée national de Nairobi, au Kenya. Dans l’ensemble, nous sommes en possession d’un morceau de mâchoire inférieure avec une canine, une molaire et quelques autres dents et os. 

C’est grâce à Matthew Borths, un paléontologue, que nous avons pu correctement identifier cette nouvelle espèce. En 2013, pour ses recherches sur les Hyaenodontidae, la grande famille (ressemblant aux hyènes actuelles) et sujet de son étude, il a demandé au musée s’il pouvait ouvrir les tiroirs contenant les restes de plusieurs spécimens. Après avoir reçu le feu vert des conservateurs, il s’est rendu compte que plusieurs éléments étaient inhabituels.

Depuis, des recherches ont été menées avec d’autres paléontologue (comme Nancy Stevens, membre de l’Université de l’Ohio), afin d’en apprendre plus sur ces mystérieux fossiles. En 2017, de nouvelles études ont été menées afin d’analyser complètement la mâchoire et pouvoir procéder à une identification complète. Les résultats ont été publiés ce jeudi 18 avril dans le Journal of Vertebrate Paleontology.

Les ossements retrouvés au Kenya – © YouTube

Un animal incroyablement puissant

Sept fois plus gros qu’un lion, plus grand qu’un ours polaire et environ 1 500 kilos, voici à quoi ressemblait le Simbakubwa. Littéralement “grand lion d’Afrique”, il était pourvu de dents massives et se classait dans la catégorie des hypercanivores. De par son physique, les chercheurs pensent qu’il était capable de s’attaquer à des animaux aussi gros que des éléphants ou des hippopotames. Il vivait dans l’Afrique orientale.

En revanche, le spécimen que les chercheurs ont pu analyser est très certainement jeune. Cela ne l’empêche pas d’avoir une mâchoire considérablement plus grosse qu’un lion adulte. Les quelques dents que nous avons en notre possession permettent également de voir que ses molaires puissantes permettaient de déchirer aisément la chair animale, même des plus robustes. À titre de comparaison, tous les carnivores modernes (chiens, loups, ours) possèdent une paire de dents pour trancher la viande, mais ce nouveau spécimen en avait 3.

Cette découverte est une véritable aubaine pour la science et l’analyse des espèces préhistoriques. Avec une analyse complète de la mâchoire, les chercheurs ont également pu déterminer des éléments sur l’ensemble du squelette de l’animal, et le recontextualiser à travers le vastes groupes des mangeurs de viandes actuellement en vie sur notre planète. Un des objectifs de la recherche est de placer définitivement le Simbakubwa dans son arbre généalogique, d’après Borths.

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