Féru de SF et de fantasy ? Vos goûts littéraires font de vous un meilleur partenaire selon une étude

Les amateurs de romans de science-fiction et de fantasy seraient de bons partis. C’est en tout cas la conclusion tirée d’une récente étude scientifique : comparés aux lecteurs de romance, thriller, ou de classiques de la littérature, ils se montreraient plus réalistes dans leurs relations amoureuse et tomberaient moins dans certains clichés néfastes dans leur vie de couple.

Comment trouver l’amour dans une bibliothèque

Vous êtes célibataire et vous cherchez à vous caser ? Vous croyez encore à l’amour mais vous avez été déçu par le couple dans le passé du fait du l’accumulation d’incompréhensions, d’attentes déçues, de petits malentendus ? Un conseil : désinstallez vos applications de rencontre, arrêtez de demander à vos amis de vous présenter l’homme ou la femme idéal(e). Sortez de chez vous et rendez-vous à la bibliothèque la plus proche. Allez directement au rayon « Science-fiction et Fantasy ». Regardez autour de vous, et vous devriez rencontrer l’âme soeur.

Mais ne vous trompez pas d’allée, car la science est formelle : les lecteurs de science-fiction ont une capacité à s’épanouir dans un couple bien supérieur à ceux d’autres genres (méfiez-vous : dans de nombreuses librairies, les rayons de sciences-fictions sont mélangés avec ceux des romans policiers, or il est hautement improbable que l’homme ou la femme de votre vie soit un(e) fan de sombres histoires de meurtres en Scandinavie).

Le lecteur face aux clichés

Pour arriver à cette conclusion qui peut sembler au premier abord étonnante (les admirateurs de Gollum ou de la famille Lannister sont-ils vraiment les mieux placés pour donner des conseils relationnels aux lecteurs de Marc Lévy ?), les scientifiques de l’Université d’Etat de l’Oklahoma ont étudié un panel de 404 personnes, dont un peu plus de la moitié étaient des femmes. Pour tester leurs goûts et leur érudition en matière de lecture, les chercheurs leur ont demandé de citer des noms d’auteurs de 7 genres littéraires différents (littérature classique, contemporaine, policiers, SF…etc).

Dans un second temps, il a été demandé aux participants de donner leur opinion (grâce à une échelle allant de 1 à 6) concernant plusieurs idées reçues jugées irréalistes sur l’amour et la vie de couple : « Les personnes qui ont une relation étroite peuvent ressentir les besoins de leur partenaire comme si elles pouvaient lire dans ses pensées » ; « lorsque les deux partenaires ne sont pas d’accord, ils ont l’impression que leur couple s’effondre » ; « les sexes sont fondamentalement différents en ce qui concerne leurs désirs et leurs besoins »…et d’autres clichés sur la perfection des relations sexuelles au sein d’un couple amoureux, ou encre l’impossibilité de désirer une autre personne.

La conclusion de cette étude publiée dans le journal spécialisé Psychology of Aesthetics, Creativity, and the Arts est édifiant. Les lecteurs de SF sont les moins nombreux à tomber dans le panneau du prêt-à-penser. Ceux qui étaient capables de citer les grands maîtres du genre n’ont donné de crédit qu’à une seule des cinq affirmations proposées, à savoir que les relations sexuelles seraient automatiquement meilleures au sein d’un couple soudé.

A titre de comparaison, les amateurs de romance, qu’on pourrait supposer plus spécialistes, sont en général persuadé que la différence des sexes est un paramètre fondamental. Pour les amateurs des grands classiques, il est clair que le désaccord au sein d’un couple est destructeur.

 

Le Geek, un homme idéal

Les auteurs de l’étude ont émis plusieurs hypothèses pour expliquer ce côté terre-à-terre inattendu de la part gens qui rêvent d’aller à Poudlard et d’explorer les confins de la galaxie. Ils font en fait le postulat que cette posture n’est pas si paradoxale : c’est bien parce que la télépathie est courante en fantasy qu’elle n’existe pas dans la vrai vie. Les fan de science-fiction aiment d’autant s’évader par la lecture qu’ils se montrent réalistes dans leur vie sentimentale.

Ils mettent aussi en avant un trait de caractère récurrent des personnages de SF, celui du héros qui s’adapte à son environnement pour in fine le remodeler. Une qualité dont les lecteurs s’imprégneraient inconsciemment, ce qui les rendrait plus réalistes vis-à-vis de leur entourage… Quoi qu’il en soit, le cliché du geek à lunette perdu dans sa bibliothèque poussiéreuse s’éloigne, lui, encore un peu plus… Et cette fois grâce à la science !


Il n’y a point de génie sans un grain de folie.

— Aristote