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Si des cafards, des rats ou des ratons laveurs envahissent notre foyer, cela n’a plus de quoi étonner. Mais la donne change lorsque ce sont les plus gros rongeurs au monde qui empiètent sur notre territoire. C’est le cas dans un quartier chic de Buenos Aires où des hordes de capybaras ont décidé d’élire domicile.

Les capybaras de retour dans leur habitat naturel

Connu comme étant le plus gros rongeur au monde, le capybara n’est pas vraiment ce que l’on appelle une espèce invasive. Parfois accusés de saccager les cultures, ces hamsters géants sont généralement inoffensifs et s’introduisent rarement dans les zones habitées par les humains. Pouvant être trouvés un peu partout en Amérique du Sud, les capybaras préfèrent en effet rester dans leurs habitats naturels, comme les forêts pluviales, les savanes en crue, les marécages, les prairies inondables et d’autres zones sauvages à proximité d’un plan d’eau. C’est donc contre toute attente que des hordes de ces gros rongeurs ont pourtant décidé de s’installer à Nordelta.

Ce quartier aisé de 1 600 hectares au nord de Buenos Aires, en Argentine, compte environ 40 000 habitants, dont certains n’ont pas tardé à se plaindre de la présence des rongeurs dans leurs rues et leurs jardins. En effet, plus de 400 rongeurs ont envahi le quartier. Les capybaras se sont déchaînés en grignotant l’herbe, en cassant quelques pots de fleurs et en faisant caca où ils le souhaitaient, a rapporté le journal local La Nacion. Certains habitants se sont même plaints que des capybaras ont attaqués leurs chiens. Certains autres ont accusé les rongeurs de causer des troubles dans la circulation.

Si les habitants du quartier se sont posés en tant que victimes de ces envahisseurs, les experts ont expliqué qu’il n’en était rien et que les capybaras étaient chez eux. En fait, le complexe urbain a été construit sur une zone humide du fleuve Parana qui est un habitat naturel du capybara. « C’est l’inverse : Nordelta a envahi l’écosystème des capybaras », a déclaré Enrique Viale, un éminent avocat argentin spécialisé dans le droit de l’environnement, à The Guardian. « Les riches promoteurs immobiliers soutenus par le gouvernement doivent détruire la nature afin de vendre à leurs clients le rêve de vivre dans la nature… parce que les gens qui achètent ces maisons veulent la nature, mais sans les moustiques, les serpents ou les capybaras », a-t-il ajouté.

Les capybaras, symbole de la lutte sociale entre les riches et les pauvres

Sebastian di Martino, directeur de la conservation à la fondation Rewilding Argentina, a soutenu que cette zone n’aurait jamais dû être urbanisée. « Maintenant que les dégâts sont faits, les habitants doivent atteindre un certain niveau de coexistence avec les capybaras », a-t-il déclaré à l’AFP, selon un rapport de France 24. En plus de la destruction de l’habitat des capybaras, les militants ont également fait valoir que la construction de ce quartier bloque l’absorption de l’eau de pluie par le sol, ce qui cause des inondations au niveau des quartiers populaires entourant Nordelta. Par ailleurs, les experts estiment également que l’augmentation du nombre de capybaras est de la faute des humains.

En effet, à cause de la destruction des forêts et des zones sauvages, les capybaras prolifèrent en l’absence de prédateurs naturels, comme les jaguars et les caïmans. Quelle que soit l’opinion des écologistes, les habitants de Nordelta ont demandé aux autorités locales de prendre des mesures afin d’empêcher les rongeurs de s’approcher du quartier. Certains habitants ont menacé de tirer sur les capybaras si des mesures n’étaient pas prises pour les éloigner de leur habitation. Notons qu’en Argentine, les écologistes ne sont pas les seuls à soutenir ces rongeurs. Les capybaras ont aussi la cote auprès des classes populaires, car ils sont considérés comme le symbole d’une guerre des classes contre l’élite de la ville, qui a détruit un écosystème important pour se séparer des communautés les plus pauvres.

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