Depuis longtemps, les chercheurs ont pensé qu’il existait un lien étroit entre nos rêves et notre bien-être quotidien. Dans son article du jeudi 16 avril 2020, National Geographic rapporte que le confinement impacte le sommeil et plus précisément, les songes.

En effet, des scientifiques résidant aux quatre coins du monde étudient actuellement les répercussions du coronavirus et du confinement sur les rêves. Les résultats de leurs recherches ont révélé que les rêves sont actuellement empreints de tout un tas d’émotions négatives.

Patrick McNamara, professeur agrégé de neurologie à la Boston University School of Medicine et spécialiste en interprétation des rêves, explique :

En temps normal, nous avons recours au sommeil paradoxal et aux rêves pour gérer les émotions intenses, notamment celles négatives. Il va sans dire que cette pandémie est source de stress et d’angoisse.

Les cauchemars se font plus fréquents en ces temps de confinement

Par ailleurs, si d’ordinaire nous ne nous souvenons pas de nos rêves, l’isolement et le stress causés par cette pandémie de coronavirus se sont répercutés sur les songes, et les rêveurs se souviennent même de plus en plus de leurs rêves. De plus, beaucoup de personnes sont sujettes à des parasomnies, autrement dit des réveils fréquents, qui participent à cette remémoration des rêves.

Le Centre de recherche en neurosciences de Lyon (CRNL) a découvert, au cours d’une étude effectuée en mars, que « le processus de remémoration des rêves chez les sondés a augmenté de 35 % en raison de l’épidémie de coronavirus », rapporte National Geographic. Néanmoins, les mauvais rêves ont aussi augmenté de 15 %.

L’Associazione Italiana di Medicina del Sonno a tenté d’analyser les songes que les Italiens faisaient actuellement avec le confinement. Les chercheurs ont alors découvert que plus les personnes se sentaient exposées au danger et plus elles étaient enclines à faire des rêves sur le sujet.

— Tero Vesalainen / Shutterstock.com

Plus les personnes se sentent exposées au coronavirus et plus elles en rêvent

Les résultats de l’étude menée par Luigi De Gennaro, professeur de psychologie physiologique à l’université de Rome, et de l’étude menée par le CRNL se rejoignent ainsi pour dire que les individus les plus exposés au coronavirus, comme les soignants, les personnes qui habitent à proximité des épicentres de la maladie ou celles ayant des proches qui sont infectés par le virus, sont ceux qui font le plus de rêves en lien avec le coronavirus.

La professeure de psychologie, Deirdre Barrett, travaillant à l’université de Harvard et auteure du livre The Committee of Sleep, a effectué un sondage qui lui a permis de rassembler un échantillon de rêves. Plusieurs répondants ont déclaré qu’ils ont imaginé contracter le coronavirus et qu’ils en sont morts. D’autres participants au sondage ont rêvé d’insectes, de zombies, de catastrophes naturelles, de tueurs de masse, de silhouettes floues ou encore de monstres.

Selon Deirdre Barrett : « A l’exception des membres du personnel soignant, les rêves ne contiennent généralement pas d’images percutantes de patients intubés, en détresse respiratoire. Le virus est invisible. Je crois que c’est pour cette raison qu’il revêt des formes différentes dans les rêves. »

Il serait possible de contrôler nos mauvais rêves

Néanmoins, tous ces rêves liés au coronavirus ont en commun une sorte de « bizarrerie », et la chercheuse au CRNL, Perrine Ruby, l’explique par le fait que « le cerveau endormi recourt peut-être à ce mécanisme pour réguler les émotions ».

En tout cas, la professeure Barrett explique qu’il est possible d’« écrire le scénario » de nos rêves et d’en atténuer les tourments. Comment ? En donnant une nouvelle dimension à notre rêve, en le réécrivant et en le répétant avant de nous endormir. Certaines personnes pourraient alors adapter leurs rêves selon leur bon vouloir et « avoir un semblant de contrôle sur les mauvais rêves ».

D’après Perrine Ruby, « modifier le contexte – lois de la physique entre autres – permet de changer de perspective, de proposer un autre angle et de repenser le rêve pour apaiser les tensions ».

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