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Les gaz responsables du réchauffement climatique atteignent aujourd’hui des niveaux record dans l’atmosphère, selon l’ONU. Ce, en dépit des restrictions mises en place cette année pour endiguer la pandémie de coronavirus.

Une baisse minime des émissions de CO2 en 2020

Bien que le Bulletin annuel de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) prévoie une réduction de 4,2 à 7,5 % des émissions de CO2 en 2020, découlant du fort ralentissement économique engendré par la crise sanitaire, il s’agit d’un « écart minime » par rapport à l’accumulation continue de gaz à effet de serre dans l’air causée par les activités humaines, et inférieur à la variation naturelle observée d’une année sur l’autre.

La station de référence de Mauna Loa (Hawaï) a enregistré une moyenne mensuelle de CO2 de 411,3 ppm (parties par million) en septembre dernier contre 408,5 ppm l’année précédente. Tandis qu’un phénomène similaire à été observé au cap Grim (Australie), avec 410,8 ppm contre 408,6 ppm en 2019.

Selon les experts, en 2019, la hausse du niveau moyen de CO2 dans l’atmosphère s’est révélée plus importante que celle observée lors de la dernière décennie. Ce qui montre que les mesures visant à réduire les émissions sont actuellement loin d’être suffisantes pour éviter les pires effets de la crise climatique.

Pour espérer pouvoir limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °C, au-delà duquel des centaines de millions de personnes se retrouveront exposées à davantage de vagues de chaleur, de sécheresses, d’inondations et de pauvreté, on estime que les émissions doivent diminuer d’au moins 50 % d’ici 2030. Alors que de nombreux pays devaient s’engager à accélérer la réduction de leurs émissions lors d’un sommet des Nations unies à Glasgow ce mois-ci, ce dernier a été reporté d’un an en raison du Covid-19.

Confinement chaque année
Ce rapport fait écho à de précédents travaux ayant déterminé que la baisse des émissions de CO2 durant le confinement n’aurait aucun impact sur le climat mondial — STUDIO CLIMATS / Shutterstock.com

Des niveaux record de gaz à effet de serre dans l’atmosphère

« La baisse des émissions liée au confinement ne représente qu’un petit point sur la courbe à long terme. Or, nous devons aplatir cette dernière de façon durable », a déclaré Petteri Taalas, secrétaire général de l’OMM. « Nous avons dépassé le seuil mondial annuel de 400 ppm en 2015 et, quatre ans plus tard, nous avons franchi la barre des 410 ppm. Un tel taux d’augmentation n’a jamais été observé auparavant. »

« Le CO2 reste dans l’atmosphère pendant des siècles. La dernière fois que la Terre a connu une concentration comparable, c’était il y a 3 à 5 millions d’années, lorsque la température était 2 à 3 °C plus élevée qu’aujourd’hui et le niveau de la mer supérieur de 10 à 20 mètres au niveau actuel. Mais nous n’étions pas 7,7 milliards d’êtres humains. »

Le Bulletin de l’OMM révèle que la concentration de CO2 dans l’atmosphère est aujourd’hui 50 % plus élevée qu’en 1750, avant la révolution industrielle. Celui-ci emprisonne à lui seul les deux tiers de la chaleur retenue à la surface de la Terre par les gaz à effet de serre, et cet effet de réchauffement a augmenté de 45 % depuis 1990.

Produit par le bétail, les rizières et l’exploitation des combustibles fossiles, le méthane est responsable de 17 % de l’effet de réchauffement. Sa concentration est aujourd’hui deux fois et demie supérieure à celle de l’époque préindustrielle. Un autre gaz à effet de serre important est l’oxyde nitreux, qui provient principalement de la surutilisation des engrais agricoles et du brûlage des forêts. Selon le rapport, la concentration de ce dernier, qui se révèle 300 fois plus réchauffant que le CO2, est aujourd’hui 23 % plus élevée qu’en 1750.

— Chokchai Suksatavonraphan / Shutterstock.com

La pandémie comme tremplin pour lancer une action climatique plus soutenue

Les données sur les gaz à effet de serre sont collectées par le réseau de surveillance de l’atmosphère du globe, qui comprend des stations dans l’Arctique, en haute montagne et dans les îles tropicales. Ces stations ont continué à fonctionner malgré les restrictions liées au Covid-19 qui entravent le réapprovisionnement et la rotation du personnel dans des endroits souvent difficiles et isolés.

« La pandémie de Covid-19 ne résoudra pas le problème du changement climatique. Toutefois, elle représente un tremplin pour lancer une action climatique plus soutenue et plus ambitieuse visant à réduire les émissions nettes à zéro en transformant complètement nos industries, nos systèmes énergétiques et nos transports », a conclu Taalas.

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de simple bon sens !
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de simple bon sens !

L’équilibre climatique est comparable a une rangée de domino….. il est possible que la « révolution industrielle » ait contribué à déséquilibrer cet ensemble …. aujourd’hui aucune action ne parviendra à l’arrêter ! Voilà, probablement, la réalité ! La réalité ? Les incendies naturels des tourbières en Russie, les gisements affleurants de… Lire la suite »