© Antiquity Publications Ltd/ Photo by A. Ichikawa

Il y a 1 500 ans environ, le volcan Ilopango, situé dans l’actuel Salvador, est entré en éruption. L’éruption était si puissante qu’elle est considérée comme le plus grand événement volcanique d’Amérique centrale au cours des 10.000 dernières années, provoquant même le refroidissement de la planète.

Cette éruption volcanique a refroidi le climat de tout l’hémisphère nord

Durant cet événement appelé éruption de Tierra Blanca Joven (TBJ), le volcan a éjecté d’énormes coulées de lave qui s’étendaient sur des dizaines de kilomètres. Il a également craché tellement de cendres dans l’atmosphère au-dessus de l’Amérique centrale que le climat dans l’hémisphère nord en fut refroidi.

Au vu de ces faits, les scientifiques pensaient alors que les mayas avaient abandonné plusieurs de leurs colonies dans la région pendant des siècles. Cependant, une recherche récente a révélé que non seulement les Mayas sont retournés sur les lieux peu de temps après l’éruption dévastatrice mais qu’en plus, ils y ont érigé une énorme pyramide en utilisant les fragments de roche solide éjectés par le volcan destructeur.

Une grande partie de la vallée était ensevelie sous des cendres épaisses

En effet, les Mayas ont érigé une pyramide massive appelée pyramide de Campana à partir des éjectas volcaniques, affirme Akira Ichikawa, archéologue mésoaméricain et associé postdoctoral au Département d’anthropologie de l’université du Colorado à Boulder (UCB). Ladite pyramide est située à 40 kilomètres environ de la vallée de Zapotitan.

Cette pyramide a été bâtie sur une plateforme qui mesure 6 mètres de haut, 80 mètres de long et 55 mètres de large. La pyramide fait quant à elle 13 mètres de hauteur. La plateforme comprend quatre terrasses et un large escalier central.

D’après les chercheurs, les constructeurs mayas ont mélangé des blocs de pierre taillée et de la terre avec des blocs taillés dans le téphra, la roche éjectée par le volcan. Il s’agirait de la première preuve que les éjectas volcaniques ont été utilisés dans des constructions mayas. Cette pyramide serait également le premier bâtiment public érigé sur le site de la vallée de San Andres après l’éruption du TBJ. Cette dernière aurait d’ailleurs enseveli une grande partie de la vallée sous 0,5 mètre de cendres environ.

Une belle leçon de résilience

Ichikawa a déclaré qu’une récente datation au carbone des troncs d’arbres d’El Salvador a révélé que le volcan est entré en éruption en l’an 539. Cependant, en calculant l’âge de la structure à l’aide des échantillons de carbone prélevés sur différents matériaux de construction de la pyramide, les chercheurs ont pu la dater entre l’an 545 et 570 après J.-C. Ce qui signifie, selon les chercheurs, que les Mayas sont revenus sur le site et ont commencé la construction de la pyramide bien plus tôt que prévu.

Si, en règle générale, les éruptions volcaniques sont souvent liées au déclin ou à l’effondrement d’une civilisation ancienne, les chercheurs affirment à Live Science que la structure de Campana raconte une histoire différente. En effet, cette pyramide démontrerait que les peuples anciens pouvaient se reconstruire même après des événements destructeurs. Plus encore, cette structure prouve que les civilisations anciennes étaient probablement plus résistantes, persévérantes et innovantes qu’on ne le pensait, concluent les chercheurs.

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