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Les squelettes de ce que l’on pense être un homme riche et de son esclave, ayant succombé alors qu’ils tentaient d’échapper à l’éruption catastrophique du Vésuve en 79 de notre ère, ont été découverts au cours de fouilles à la périphérie de l’ancienne ville romaine.

Un évènement cataclysmique

Les deux hommes auraient échappé à la phase initiale de l’éruption, au cours de laquelle la ville de Pompéi avait été recouverte de cendres et de pierres volcaniques, avant de succomber à la seconde le lendemain. Leurs restes ont été découverts dans une ancienne villa, trois ans après la mise au jour d’une écurie abritant ceux de trois chevaux attelés à proximité.

Réalisés en versant de la craie liquide dans les cavités formées par leurs corps, des moulages ont révélé que les deux victimes, emprisonnées dans une couche de cendres grises d’au moins 2 mètres d’épaisseur, étaient mortes côte à côte.

L’analyse de leurs os et de leurs dents a permis aux archéologues de déterminer que l’une des d’entre elles avait entre 18 et 25 ans et était sans doute un esclave, comme le suggèrent plusieurs vertèbres tassées dues à des travaux physiques éprouvants. Tandis que la seconde, âgée de 30 à 40 ans et découverte jambes écartées et mains sur le torse, était vraisemblablement son propriétaire.

Les deux squelettes ont été retrouvés dans une pièce bordant un couloir souterrain, connu à l’époque romaine sous le nom de cryptoporticus, qui menait au niveau supérieur de la villa. « Les victimes cherchaient probablement un abri, et pensaient être mieux protégées dans cet espace souterrain », a expliqué Massimo Osanna, directeur général du parc archéologique de Pompéi. « Mais le matin du 25 octobre de l’an 79, une nuée ardente est arrivée et a tué tous ceux qui se trouvaient sur son chemin. »

« C’est une découverte stupéfiante »

Se basant sur les plis laissés par les tissus dans l’épaisse couche de cendres, les archéologues italiens ont déterminé que l’homme le plus jeune portait une tenue courte et plissée, tandis que la victime la plus âgée était vêtue d’une tunique et d’un manteau de laine. La découverte de fragments de peinture à proximité du visage de l’homme le plus âgé suggère quant à elle l’effondrement d’un mur supérieur lors de l’éruption.

« C’est une découverte stupéfiante », a de son côté estimé Dario Franceschini, ministre italien de la Culture. « Pour la première fois depuis 150 ans, date du premier emploi de la technique, il a été possible, en plus de la réalisation de moulages parfaits des corps, de documenter grâce à de nouvelles technologies ce que les victimes avaient avec elles au moment où elles ont été tuées par les vapeurs bouillantes de l’éruption. »

Bien que les ruines de Pompéi aient été découvertes au XVIe siècle, les premières fouilles n’ont débuté qu’en 1748. Au fil des siècles, plus de 1 500 des quelque 2 000 victimes supposées de l’éruption du Vésuve ont été retrouvées, incluant un homme terriblement malchanceux.

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