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L’analyse d’un cerveau vitrifié lors de la tristement célèbre éruption du Vésuve, survenue il y a près de 2 000 ans dans le sud-ouest de l’Italie, a révélé des neurones « exceptionnellement bien préservés ». Retour sur cette découverte archéologique rarissime.

Une découverte archéologique rarissime

Plus tôt cette année, des scientifiques italiens avaient annoncé la découverte de tissu cérébral transformé en un matériau vitreux sombre en raison de températures extrêmement élevées consécutives à l’éruption du Vésuve. Aujourd’hui, une nouvelle étude parue dans la revue PLOS One a permis d’examiner de plus près ce spécimen incroyable et de découvrir la présence d’anciens neurones quasi intacts.

En utilisant la microscopie électronique à balayage et des outils avancés de traitement de l’image, l’équipe dirigée par le Dr Pier Paolo Petrone, de l’université Federico II de Naples, a étudié de près le cerveau vitrifié et identifié un certain nombre de structures distinctes semblant être des neurones et des axones « exceptionnellement bien préservés » d’un cerveau et d’une moelle épinière humains. « La découverte d’un cerveau vitrifié était vraiment exceptionnelle, mais celle d’un système nerveux central entier composé de neurones et d’axones était absolument stupéfiante », estime Petrone.

Les chercheurs ont également identifié un certain nombre de protéines provenant du tissu cérébral humain, dont l’identification a permis aux chercheurs de comprendre quelles parties du cerveau étaient incluses. « L’analyse de ce matériau vitreux noir a montré la préservation de plusieurs protéines fortement exprimées dans les différentes parties du cerveau humain : cortex cérébral, ganglions basaux, mésencéphale, hypophyse, amygdale, cervelet, hippocampe, hypothalamus et moelle épinière », détaillent les chercheurs.

Image montrant les structures (neurones et axones du système nerveux central) identifiées par les chercheurs

« Ces gènes sont exceptionnellement importants pour les fonctions neuronales puisque leurs mutations ont été détectées chez des patients atteints de pathologies cérébrales », souligne Petrone. « Par exemple, MED13L, dont la protéine apparentée a été trouvée au sein du cerveau vitrifié, s’est révélé particulièrement abondant dans le cervelet adulte et ses mutations ont été détectées chez des patients atteints de déficience intellectuelle. »

Des victimes « cuites » instantanément

Survenue en 79 de notre ère, l’éruption du Vésuve a entrainé la destruction des villes de Pompéi et d’Herculanum et fait plusieurs milliers de victimes humaines. Si nombre d’entre elles ont été ensevelies sous une couche de cendres volcaniques, ce qui a permis aux chercheurs de réaliser des moulages des malheureux en versant du plâtre dans les cavités formées, révélant ainsi leurs derniers instants de vie, d’autres ont tout simplement été anéanties par la chaleur intense dégagée par l’éruption, suivie d’un refroidissement rapide.

Pour que le tissu cérébral subisse un processus de vitrification, il doit en effet être très brièvement exposé à une température extrêmement élevée (près de 520 °C). Selon les auteurs de l’étude, de telles découvertes archéologiques se révèlent extrêmement rares. Ceux-ci précisent qu’un phénomène similaire avait été précédemment observé chez certaines victimes du bombardement de la ville allemande de Dresde durant la Seconde Guerre mondiale.

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