Situé à environ 1 000 kilomètres des côtes de l’Équateur, l’archipel des Galapagos est connu pour abriter une faune et une flore incroyablement diversifiées. Mais celui-ci se trouve fortement menacé par les tonnes de déchets plastique qui polluent ses côtes et menacent sa biodiversité.

Un « paradis terrestre » en grand danger

Véritable éden terrestre ayant inspiré à Charles Darwin son incontournable théorie de l’évolution, l’archipel des Galapagos est frappé de plein fouet par la pollution des océans. Dégradées par les courants marins, les tonnes de déchets plastique qui terminent leur vie dans l’Océan Pacifique menacent directement les espèces endémiques de ces îles (tortures, iguanes, poissons, oiseaux…). Sous l’effet du soleil et de la salinité des mers, emballages, bouteilles et autres déchets plastiques rigides se décomposent, et les micro-particules générées sont ensuite ingérées par la faune locale.

Afin de limiter l’impact environnemental de ce terrible phénomène, de véritables commandos de nettoyage, composés de gardes du parc des Galapagos et de bénévoles, se mobilisent chaque année afin de récupérer un maximum de déchets sur les plages et dans les zones rocheuses de l’archipel. Bien que ces îles aient restreint depuis quelques années l’entrée et l’usage du plastique sur leur territoire, briquets, stylos, canettes, bouées et emballages de toutes sortes (parfois venus de l’autre bout du monde) continuent à souiller les zones où évoluent certaines espèces animales en danger d’extinction.

Déjà 8 tonnes de déchets ramassées depuis le début de l’année

Comme Jorge Carrion, directeur du Parc National des Galapagos (PNG), l’a expliqué à l’AFP : « Plus de 90 % des résidus que nous collectons ne proviennent pas de notre territoire, mais d’Amérique du Sud et d’Amérique centrale, sachant qu’une bonne partie de ces déchets est probablement générée par les flottes de pêche originaires d’Asie qui opèrent autour de la zone économique exclusive des Galapagos ». La quantité, le type et l’origine de déchets collectés dans l’archipel sont soigneusement notés dans un registre depuis 1996, afin de pouvoir un jour réclamer des compensations financières aux pays responsables. Depuis janvier 2019, 8 tonnes de déchets ont déjà été ramassées, contre 24,23 tonnes pour l’année 2018, et 6,47 en 2017.

De leur côté, les gardes du Parc recensent les animaux affectés par ce type de pollution. Cormorans édifiant leur nid avec des couches-culottes, cadavre de fou à pattes rouge retrouvé dans un tas d’ordure, sacs plastique mordus par des tortues marines (qu’elles confondent avec les méduses dont elles se nourrissent), le bilan est tout simplement accablant. Malgré l’ampleur de la tâche, les nettoyeurs redoublent d’efforts afin de préserver ces îles classées au Patrimoine naturel de l’humanité par l’Unesco. En fin de mission, les tonnes de déchets collectés sont envoyés sur le continent où ils seront incinérés.

Selon Jorge Carrion : « Nous devons aller plus loin que le seul ramassage des résidus. Nous devons en appeler aux consciences à l’échelle mondiale afin d’arrêter de jeter des ordures en milieu marin ».

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