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Point Nemo : le « pôle maritime d’inaccessibilité » où finissent nos engins spatiaux

Il doit son nom à un personnage de Jules Verne

Le « Point Nemo » symbolise la zone de l’océan la plus éloignée de toute terre émergée. C’est ici, à des milliers de kilomètres des côtes néo-zélandaises que des centaines d’objets spatiaux reposent.

Située au beau milieu du Pacifique Sud, le point Nemo constitue le point de chute littéral des stations spatiales, véhicules de ravitaillement, cargos et autres lanceurs de fusée, qui jonchent le fond de l’océan, à près de quatre kilomètres sous les vagues.

Ce « cimetière des engins spatiaux » étant distant de plusieurs milliers de kilomètres de la terre la plus proche (exactement 2 688 km du continent antarctique), le trafic maritime y est quasi inexistant, ce qui fait de lui l’endroit idéal pour accueillir ce type de débris.

Il doit son nom au capitaine Nemo, commandant du Nautilus dans le roman Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne. Il se trouve très exactement à 48° 25,6′ de latitude sud et 123° 23,6′ de longitude ouest.

Le maître de la littérature fantastique H. P. Lovecraft situe également la cité engloutie de R’lyeh, demeure du Grand Ancien Cthulhu, dans la zone de quelque 1 500 kilomètres carrés qui délimite le cimetière des engins spatiaux.

Le pôle maritime d’inaccessibilité (marqueur rouge) est situé à des milliers de kilomètres de l’Australie (à gauche) et de la Nouvelle-Zélande (au centre)

Il constitue la dernière demeure de près de 260 satellites, environ 140 véhicules de ravitaillement russes, ainsi que plusieurs cargos japonais et européens et des lanceurs de fusées SpaceX.

Bien évidemment, ceux-ci ne reposent pas en un seul morceau au fond de l’océan. La chaleur générée par leur rentrée à haute vitesse dans l’atmosphère s’avère en effet suffisamment intense pour désintégrer une bonne partie du métal qui les compose.

C’est d’ailleurs pour cette raison que les véhicules spatiaux habités, comme une navette spatiale ou une capsule Soyouz, disposent d’un blindage thermique, qui permet de protéger l’appareil et ses occupants lors de leur retour sur Terre.

À l’inverse, les engins spatiaux autonomes comme les véhicules de ravitaillement Progress ou ATV ne sont pas conçus pour résister à de telles conditions, et la rentrée dans l’atmosphère leur est fatale.

Comme tous les véhicules spatiaux habités, le vaisseau Soyouz TMA-7 dispose d’un blindage thermique

Le 29 septembre 2009, le vaisseau cargo Jules Verne, développé par l’Agence spatiale européenne pour ravitailler l’ISS, a effectué une rentrée atmosphérique contrôlée au-dessus du Pacifique, où il s’est progressivement désintégré. Une scène impressionnante capturée par un DC-8 et un jet Gulfstream affrétés spécialement pour l’occasion.

Mir est sans conteste la plus illustre occupante de ce cimetière marin unique en son genre. Alors que la station spatiale russe pesait 143 tonnes lors de sa rentrée dans l’atmosphère, on estime que seules 20 à 25 tonnes de ses débris ont atteint le Pacifique en mars 2001.

Ces vestiges spatiaux sont dispersés sur une très grande surface, car comme l’explique Holger Krag, chef du Bureau des débris spatiaux de l’Agence spatiale européenne, « même dans le cas de rentrées dans l’atmosphère contrôlées, il est impossible de déterminer un point de chute précis. »

« La nature de ce processus de désintégration nous oblige à dégager une surface assez grande afin de nous assurer que l’ensemble des débris tombent dans la zone désignée », ajoute-t-il.

Le vaisseau cargo Jules Verne se désintègre lors de sa rentrée dans l’atmosphère le 29 septembre 2009

Quelques jours avant la désorbitation d’un engin spatial, l’agence spatiale qui en a la charge avise les autorités aéronautiques et maritimes du Chili et de la Nouvelle-Zélande, qui supervisent le trafic dans cette partie éloignée du Pacifique. L’agence spatiale leur fournit de nombreuses données, comme le temps de rentrée prévu et la zone dans laquelle les débris risquent de tomber, afin que les deux nations puissent agir en conséquence.

Au cas où vous l’ignoriez, le point le plus éloigné du centre de la Terre est un volcan équatorien.

Par Yann Contegat, le

Source: Gizmodo

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