
L’étude du squelette d’un nourrisson qui vivait dans ce qui est aujourd’hui la Syrie il y a six millénaires a révélé des lésions interprétées comme des signes de maltraitance infantile, qui compteraient parmi les plus anciens jamais identifiés.
Un individu âgé de 6 à 9 mois
Datés de 4200 à 3900 avant notre ère, ces ossements avaient été mis au jour à Tell Brak, important établissement urbain de Mésopotamie souvent présenté comme l’une des plus anciennes cités au monde. Sur la base de son développement dentaire, l’équipe a établi que l’individu était âgé de 6 à 9 mois au moment de sa mort.
Un examen approfondi a révélé quatre côtes fracturées près du sternum, une croissance anormale du fémur droit et plusieurs lésions poreuses de part et d’autre du crâne.
Parmi les pistes rapidement écartées, la tuberculose (à l’origine de violentes quintes de toux), ainsi que le scorbut et le rachitisme (cette région, située entre deux fleuves, bénéficiait d’un fort ensoleillement et de sources de nourriture variées et abondantes). Les fractures associées à la naissance guérissaient généralement en quelques semaines, et, sur la base de sa densité osseuse et de ses schémas de croissance, le nourrisson ne souffrait d’aucune affection squelettique sous-jacente.
Around 6,000 years ago in Mesopotamia, an infant suffered severe injuries in what might be the Middle East's earliest documented case of child abuse. https://t.co/e6QWVy76WC
— Live Science (@LiveScience) July 7, 2026
« Ces atteintes suggèrent des contraintes externes intenses et répétées, cadrant difficilement avec une chute accidentelle », avance Aleksandra Grzegorska, chercheuse à l’université de Varsovie et auteure principale de la nouvelle étude, publiée dans l’International Journal of Osteoarchaeology.
Maltraitance infantile
L’hypothèse de la maltraitance infantile a pris davantage de poids avec la comparaison du squelette du nourrisson à ceux d’enfants d’âges similaires provenant du même cimetière, qui a confirmé le caractère unique de tels stigmates. « Il semble qu‘une personne de son entourage proche [à cette époque plusieurs membres de la famille prenaient en charge les nourrissons] l’ait violenté », écrit l’équipe.
Autre indice : une cicatrisation partielle des fractures, suggérant que ce type de mauvais traitements, notoirement rares dans les archives archéologiques avec une poignée de cas documentés dans des pays tels que l’Égypte, la France ou encore la Lituanie, n’ait pas immédiatement entraîné sa mort.
Comme le note Grzegorska, il y a 6 000 ans, Tell Brak a opéré une profonde mue. Son urbanisation croissante a coïncidé avec une escalade des tensions et conflits. Précédemment associé à plusieurs vagues de décès, un tel contexte pourrait contribuer à expliquer le cas récemment décrit.
L’an passé, des chercheurs avaient rapporté le sacrifice de plusieurs adolescents mésopotamiens il y a cinq millénaires, contribuant à éclairer les pratiques rituelles des anciens habitants de la région.
Par Yann Contegat, le
Source: Live Science
Étiquettes: squelette, mésopotamie
Catégories: Actualités, Histoire