Loin des circuits touristiques habituels, le parc national Odzala-Kokoua propose une immersion inédite au cœur du bassin du Congo. À travers des parcours pédestres et aquatiques, cette réserve historique montre comment concilier la protection des espèces menacées et un tourisme durable.

À l’abri sous la canopée de Ngaga, les visiteurs observent les gorilles des plaines au plus près de leur habitat
Le campement de Ngaga accueille de petits groupes au centre d’une forêt dense. Née des recherches de la primatologue Magdalena Bermejo, cette structure finance la préservation des grands singes. Deux excursions quotidiennes permettent d’ailleurs d’approcher ces animaux dans leur milieu naturel.
Les pisteurs repèrent la présence des familles grâce aux branches cassées et aux restes de fruits. Les scientifiques ont habitué progressivement ces primates à la présence humaine. Ainsi, les groupes sauvages gardent un comportement naturel sans ressentir de menace particulière.
La végétation locale offre une nourriture abondante composée de feuilles et de racines. Pour avancer sans effrayer les animaux, les guides coupent des tiges avec un sécateur. Ce bruit régulier prévient doucement la faune de l’arrivée progressive des marcheurs.
Dans le marais de Lango, les marcheurs s’avancent à pied au milieu du territoire des éléphants de forêt
Au site de Lango, les bungalows sur pilotis surplombent une grande clairière marécageuse. Les visiteurs marchent directement dans l’eau pour explorer ces zones humides. Cet environnement attire régulièrement des éléphants de forêt, des buffles et de nombreuses espèces d’oiseaux.
Les déplacements des pachydermes façonnent d’immenses corridors à travers la végétation. Ces passages facilitent la circulation d’animaux plus discrets comme le potamochère roux ou le bongo. Le parc abrite également des colonies du perroquet gris du Gabon.
Le long des rivières du site de Mboko, la navigation silencieuse dévoile la faune méconnue du territoire
À Mboko, l’exploration s’effectue principalement en kayak ou en bateau sur la rivière Lékoli. Cette approche nautique offre une observation sereine des berges et de la savane environnante. Des hyènes traversent parfois les espaces ouverts près des logements.
Des hippopotames forestiers fréquentent les petites mares masquées par le feuillage. Contrairement aux espèces des grands fleuves, ces animaux passent beaucoup de temps sous la canopée. Les visiteurs observent ces groupes rares quand les conditions météo restent favorables.
Les chimpanzés vivent aussi dans ce secteur forestier, mais leur grande mobilité complique les rencontres. Les guides écoutent leurs cris pour deviner la direction de leurs déplacements. Le très discret chat doré africain évolue également dans cette zone préservée.
Un modèle d’écotourisme soutient directement la conservation et la recherche dans le Bassin du Congo
Les trois lodges gérés par Kamba Africa forment les seules concessions autorisées dans la réserve. L’argent collecté soutient le travail des scientifiques ainsi que l’économie des communautés locales. Cette organisation permet de protéger durablement un écosystème très ancien.
La présence de guides spécialisés comme Nicolas Lenz enrichit l’apprentissage du public lors des parcours. L’expérience privilégie la compréhension globale du milieu naturel plutôt que la simple quête d’animaux. Ce séjour rappelle l’importance de préserver la vie sauvage.
Par Eric Rafidiarimanana, le
Catégories: Voyage