
En examinant des œuvres rupestres préhistoriques, un chercheur basque a identifié une organisation graphique sous-jacente cohérente, suggérant que ces représentations constituaient un moyen de communication et revêtaient une dimension rituelle.
Des motifs récurrents
Réparties sur neuf sites situés le long du golfe de Gascogne, les plus de 500 œuvres étudiées remontent à l’époque magdalénienne, il y a entre 18 000 et 14 000 ans. Selon la nouvelle étude, publiée dans le Journal of Archaeological Method and Theory, leur disposition remarquablement cohérente laisse entrevoir une « syntaxe » commune utilisée par les artistes préhistoriques de la région.
Dans chacune des grottes étudiées, chevaux, bisons et bouquetins constituaient la colonne vertébrale des compositions rupestres, avec d’autres animaux organisés autour de ces trois espèces « dominantes ». Iñaki Intxaurbe, de l’université du Pays basque, évoque également des orientations récurrentes, avec des bovidés le plus souvent tournés vers la gauche, et des équidés essentiellement représentés dans la direction opposée.
« L’art rupestre était loin d’être aléatoire », avance-t-il. « Ces motifs récurrents confirment l’existence d’une grammaire organisationnelle sous-jacente, régissant la combinaison et l’organisation des thèmes dans l’art rupestre magdalénien. »
Le fait que la plupart de ces sites aient été visités et redécorés à plusieurs reprises sur une période d’environ quatre millénaires indique également une transmission au long cours de ces concepts structurels, repris sur plusieurs dizaines de générations.

Un système complexe
Si la signification profonde de ces motifs restera probablement un mystère, il ne fait selon Intxaurbe aucun doute qu’ils témoignent d’un ancien système de communication. Une hypothèse renforcée par une analyse statistique reliant la structure de nombre de ces œuvres préhistoriques à des schémas observés dans certains systèmes linguistiques.
Il est également probable que ces représentations ne se limitaient pas à la transmission d’informations. Le chercheur évoque notamment une dimension rituelle, constituant une facette importante de la culture magdalénienne.
Précédemment, des gravures datant également du Magdalénien avaient révélé que les humains pêchaient déjà avec des filets il y a 15 800 ans.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
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