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Plus de 5 000 tonnes d’ergols chargées : ce que le dernier test de Starship V3 révèle du défi réel de SpaceX en vol

Une fusée de 124 mètres change vite l’échelle du débat. Avec Starship V3, SpaceX ne cherche pas seulement à faire décoller un engin plus grand. Le prochain vol doit montrer si cette architecture peut devenir un système régulier pour la Lune, puis Mars.

Fusée géante argentée sur pas de tir côtier au coucher du soleil.
Une fusée géante attend sur son pas de tir côtier, dans une lumière de fin de journée. L’image traduit l’enjeu industriel du premier vol spatial de Starship V3. – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Pourquoi le premier vol de Starship V3 dépasse le simple record de taille

SpaceX annonce un lancement visé au plus tôt le 19 mai 2026 depuis Starbase, au Texas. Ce sera le 12e essai en vol de Starship et le premier pour la version V3. Le site officiel affiche une fenêtre à 17 h 30, heure du Centre.

Le chiffre le plus parlant tient dans le remplissage réalisé avant le vol : plus de 5 000 tonnes d’ergols ont été chargées dans l’ensemble Starship et Super Heavy. Des ergols sont les carburants et comburants qui alimentent les moteurs, ici du méthane et de l’oxygène liquides.

Cette répétition, appelée wet dress rehearsal, est un compte à rebours complet sans départ. Les équipes remplissent les réservoirs, refroidissent les lignes et vérifient les logiciels. L’image ressemble à une gare testant aiguillages, freins et horaires avant de laisser partir un train bondé.

Ce que change la V3 sous la coque de la fusée géante de SpaceX

Le Starship actuel mesure 124 mètres, soit environ un immeuble de 40 étages posé sur une rampe. SpaceX annonce 9 mètres de diamètre et une architecture en deux étages : le booster Super Heavy en bas, le vaisseau Starship au sommet.

Le changement ne se limite pas à la taille. La V3 introduit des moteurs Raptor plus récents, des réservoirs adaptés et un système de propulsion retravaillé. Le but est de mieux gérer les phases qui usent le plus le véhicule : départ, séparation et rentrée atmosphérique.

Le vol d’essai devra surtout produire des données utiles, pas seulement un décollage

Le tir visé par SpaceX reste un essai, pas une mission commerciale ordinaire. Le plan publié pour Flight 12 prévoit un véhicule lancé depuis Pad 2 à Starbase. Le booster doit finir dans le golfe du Mexique, sans tentative de capture par la tour.

Cette prudence compte. Attraper un booster avec des bras mécaniques demande une précision extrême, comme garer un bus lancé à grande vitesse entre deux quais mobiles. Pour une première V3, SpaceX privilégie les données de vol, la séparation et le comportement thermique du vaisseau.

La FAA, l’agence fédérale américaine qui encadre les lancements commerciaux, conserve un rôle décisif. Elle examine la sécurité du public, les zones survolées, les risques de débris, les assurances et les effets environnementaux. Son site rappelle que Starship doit disposer d’une licence ou d’un permis adapté.

Pourquoi la NASA et la FAA suivent de près cette étape de Starship

La NASA observe ce test avec intérêt, mais son calendrier a changé. Sa page Artemis III, mise à jour en mars 2026, décrit désormais une mission en orbite basse terrestre prévue en 2027, centrée sur les rendez-vous et amarrages avec des atterrisseurs commerciaux.

Le test de la V3 éclaire aussi le problème du ravitaillement orbital. Pour aller plus loin que l’orbite terrestre, Starship devra transférer du propergol dans l’espace, terme qui désigne les substances produisant la poussée. Un vol partiel peut déjà valider un composant précis.

Par Eric Rafidiarimanana, le

Source: sciencepost.fr

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