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Épidémie antique : des chercheurs éclairent les origines de la mystérieuse « peste d’Athènes »

Elle aurait fait jusqu’à 100 000 victimes

Amnésie, gangrène et diarrhée aiguë n’auraient constitué qu’une partie des symptômes de l’étrange « peste d’Athènes ». De nouvelles recherches évoquent plusieurs coupables probables.

La fin de « l’âge d’or athénien »

La majeure partie des descriptions de cette épidémie antique proviennent des écrits de Thucydide. D’après l’historien grec, elle aurait marqué la fin de « l’âge d’or athénien », tuant jusqu’à 100 000 personnes entre 430 et 426 avant notre ère. Vraisemblablement apparue en Afrique subsaharienne, elle se serait propagée à travers la Libye et l’Égypte, pour finalement atteindre Athènes via le port du Pirée. Parmi ses victimes notoires, le général et politicien Périclès.

Souvent considérée comme l’une des principales causes de la déroute de l’armée athénienne face à Sparte, elle se caractérisait par une forte fièvre, des éruptions cutanées, des problèmes gastro-intestinaux et la gangrène, autant de symptômes liés à la rougeole, la scarlatine, la fièvre typhoïde et la méningococcie.

Toujours selon Thucydide, les malades ressentaient une sensation de chaleur intense et avaient souvent tendance à se débarrasser de leurs vêtements. Souvent précédée par l’apparition d’ulcères abdominaux et une diarrhée abondante, la mort survenait généralement sept à neuf jours après les premiers symptômes. Des cas graves d’amnésie étaient également rapportés chez les survivants, incapables de se souvenir de leur propre nom ou de reconnaître leurs proches.

Dans le cadre de travaux publiés dans la revue Acta Medico-Historica Adriatica, des chercheurs ont dressé la liste de 17 agents pathogènes les plus susceptibles d’être à l’origine de ces maux.

La mort de Périclès par Alonzo Chappel (1870)

Coupables potentiels

Candidate la plus évidente, la fièvre typhoïde, rassemblant 9 des 12 symptômes décrits par Thucydide, et dont des fragments de matériel génétique de l’agent pathogène responsable (Salmonella Typhi) ont été trouvés sur les restes de deux individus enterrés dans le seul cimetière connu de la peste d’Athènes. Problème : elle ne se transmet pas par contact interhumain, cadrant difficilement avec l’idée d’une propagation à grande échelle.

Si la rougeole et la méningococcie rassemblent chacune entre deux à huit critères, ce qui en fait les suspects les plus probables après la fièvre typhoïde, une combinaison d’agents pathogènes circulant simultanément (typhus et peste bubonique, dysenterie ou variole et choléra) expliquerait plus facilement cette épidémie antique.

À ce stade, l’équipe n’écarte pas la possibilité d’un pathogène inconnu, aujourd’hui disparu. « Un arénavirus apparenté au virus de la fièvre de Lassa, originaire d’Afrique, pourrait également en être responsable », écrivent les chercheurs.

De futures analyses moléculaires et ADN des ossements des victimes de ce mal antique pourraient apporter de nouvelles réponses, comme ce fut récemment le cas pour l’armée de Napoléon.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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