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La plus ancienne preuve d’utilisation d’anesthésiques découverte dans une tombe chinoise du XVe siècle

L’extraire et l’utiliser aurait nécessité des connaissances et un savoir-faire considérables

— © Congcang Zhao et al. / Antiquity 2026 / CC-BY

L’analyse chimique de matériel médical chinois datant du XVe siècle a révélé les traces d’un composé anesthésique, constituant la plus ancienne preuve directe de l’utilisation de telles substances lors d’interventions chirurgicales.

Anesthésique ancestral

Les ciseaux et la pince avaient été mis au jour en 1974, lors de l’excavation de la tombe de Xia Quan, éminent médecin de la province de Jiangsu, né en 1348 et mort en 1411. Pour déterminer la nature des matières organiques présentes à leur surface, les chercheurs ont utilisé la spectroscopie laser. Celle-ci a notamment révélé des résidus d’aconitine, composé naturel produit par les plantes du genre Aconitum, au cœur de plusieurs préparations médicinales chinoises ancestrales.

Comme l’explique Congcang Zhao, de l’université du Nord-Ouest à Xi’an, l’aconitine interagit avec les canaux sodiques des membranes cellulaires des neurones. « Lorsqu’elle est correctement dosée, elle a un effet anesthésiant, mais elle reste hautement toxique et est par conséquent rarement utilisée aujourd’hui, en raison des risques d’empoisonnement », précise-t-il.

Selon Carney Matheson, de l’université Griffith à Brisbane, le fait que les traces d’aconitine soient concentrées sur les lames des ciseaux et les extrémités de la pince rend l’hypothèse d’une « contamination » ultérieure peu probable.

« Il s’agit de la plus ancienne preuve directe connue de l’utilisation d’anesthésiques », commente-t-il. « Ces découvertes suggèrent que les médecins de l’époque en savaient bien plus qu’on ne le supposait en matière d’atténuation de la douleur, et contribuent à expliquer pourquoi les procédures chirurgicales associées étaient alors répandues en Chine. »

— © Congcang Zhao et al. / Antiquity 2026 / CC-BY

Différentes approches pour réduire la toxicité de l’aconitine

D’après les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Antiquity, des textes chinois anciens indiquent que les praticiens de la dynastie Ming avaient mis au point une série de méthodes visant à réduire la toxicité de l’aconitine.

Mélangée à de l’urine de jeunes garçons, des décoctions de soja noir ou portée à ébullition dans un bain de vinaigre, elle était également « détoxifiée » à l’aide de haricots mungo, ou en retirant préalablement la peau externe du tubercule de la plante dont elle était tirée.

« Extraire l’aconitine de végétaux aussi toxiques, puis trouver comment la doser et l’appliquer sans s’empoisonner ou empoisonner le patient aurait nécessité des connaissances et un savoir-faire considérables », conclut Matheson.

Plus tôt cette année, les plus anciennes preuves connues de soins dentaires avaient été attribuées aux Néandertaliens.

Par Yann Contegat, le

Source: New Scientist

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