La fièvre typhoïde est une maladie potentiellement mortelle qui est généralement traitée par antibiotiques. Il existe cependant une forte probabilité que de nombreuses souches de la bactérie à l’origine de cette maladie ne puissent plus être éliminées avec ces médicaments, car elles sont devenues résistantes aux antibiotiques.

La fièvre typhoïde : qu’est-ce que c’est ?

La fièvre typhoïde est une maladie infectieuse potentiellement mortelle causée par la bactérie Salmonella typhi. Les origines de la maladie remontent à plusieurs millénaires, et si elle existe encore de nos jours, la fièvre typhoïde est rare dans les pays développés. En revanche, il s’agit toujours d’une grave menace sanitaire dans les pays pauvres, en particulier pour les enfants. Cette maladie se transmet généralement par le biais de la nourriture et de l’eau contaminées ou par contact étroit avec une personne infectée.

Les symptômes comprennent généralement une forte fièvre, des maux de tête, des douleurs à l’estomac, de la constipation ou de la diarrhée. Bien que la fièvre typhoïde puisse être très déplaisante, la plupart des personnes atteintes de la maladie se sentent mieux quelques jours après avoir commencé un traitement antibiotique. Par ailleurs, il existe des vaccins contre la fièvre typhoïde, bien qu’ils ne soient que partiellement efficaces. Ainsi, dans notre monde moderne, la fièvre typhoïde n’est pas une maladie qui suscite beaucoup d’inquiétude.

Cela pourrait pourtant changer, car les scientifiques ont découvert que de nombreuses souches de Salmonella typhi deviennent résistantes aux antibiotiques. En effet, une nouvelle étude publiée dans la revue The Lancet Microbe a montré que de nouveaux variants extrêmement résistants de cette bactérie se propagent actuellement à travers le monde. Si la maladie est assez courante dans les pays d’Asie du Sud-Est et en Afrique, il a été constaté que ces superbactéries circulent également au Royaume-Uni, au Canada et aux États-Unis.

Mary Mallon, la première porteuse saine identifiée de la fièvre typhoïde

Le pire peut encore être évité

La propagation de ces bactéries résistantes aux antibiotiques préoccupe les scientifiques depuis plusieurs années, d’où la réalisation de cette étude à grande échelle sur le sujet. L’étude est notamment basée sur le séquençage du génome de S. typhi sur près de 3 500 isolats obtenus à partir d’échantillons de sang prélevés entre 2014 et 2019 auprès de personnes atteintes de fièvre typhoïde en Inde, au Pakistan, au Bangladesh et au Népal. Plus de 4 000 échantillons de la bactérie provenant de plus de 70 pays collectés entre 1905 et 2018 ont également été séquencés et inclus dans l’analyse.

Les résultats ont montré que les souches pharmaco-résistantes de S. typhi se sont propagées dans le monde au moins 197 fois depuis le début des années 1990. « La vitesse à laquelle des souches hautement résistantes de S. typhi ont émergé et se sont propagées ces dernières années est une véritable source de préoccupation et souligne la nécessité d’étendre les mesures de prévention, en particulier dans les pays les plus à risque », a notamment déclaré le Dr Jason Andrews, auteur principal de l’étude, dans un communiqué.

C’est d’autant plus inquiétant dans notre monde moderne où les bactéries se propagent très facilement grâce à la mondialisation des transports. Face à ce constat, les chercheurs soulignent la nécessité « de considérer le contrôle de la typhoïde et la résistance aux antibiotiques plus généralement comme un problème mondial plutôt que local ». En effet, le meilleur moyen d’éviter de futures épidémies est la prévention, notamment par la vaccination. Pour aller plus loin, découvrez le tragique destin de Mary Mallon, la première porteuse saine de la fièvre typhoïde.

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