
Comme son nom l’indique, l’hyperfamiliarité des visages vous donne le sentiment de reconnaître des personnes que vous n’avez pourtant jamais croisées auparavant. L’imagerie cérébrale, et une célèbre série d’HBO, ont récemment permis d’éclairer ses causes.
Préciser les origines de l’hyperfamiliarité des visages
Pour établir les mécanismes neurologiques sous-tendant ce trouble déroutant, les chercheurs se sont appuyés sur les scans cérébraux de Nell, une femme de 49 ans l’ayant développé spontanément après un épisode migraineux. Placée dans un appareil à IRM, la patiente a visionné, pour la première fois, un épisode de Game of Thrones. Comme l’équipe s’y attendait, elle a par la suite déclaré avoir reconnu bon nombre des visages des personnages.
Si l’analyse ultérieure des données a révélé une activité normale du système visuel de Nell et des régions du cerveau impliquées dans la reconnaissance des visages, telles que l’aire fusiforme faciale, la connexion entre ces sections et le lobe temporal médial, abritant l’hippocampe et différentes structures associées à la mémoire, s’est révélée anormalement forte.
En d’autres termes : l’amplification des signaux circulant entre ces deux parties clés crée l’intense sentiment de familiarité éprouvé par les personnes présentant ce trouble remarquablement rare, qui toucherait moins d’un individu sur 100 000.
« Ces découvertes suggèrent qu’une fois un visage identifié, le lien excessivement sensible et intense avec ces aires mémorielles va déclencher ce phénomène », écrivent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Cortex.

Une activité hippocampique typiques des fans de GoT
La comparaison des schémas cérébraux de Nell à ceux des deux groupes de contrôle (des fans de Game of Thrones et de purs néophytes), a également révélé que l’activité de son hippocampe correspondait étroitement à celle du premier, quand bien même l’univers de la série lui était auparavant complètement étranger.
D’après Kira Noad, de l’université de York, ces résultats fournissent un aperçu précieux des corrélats neuronaux sous-jacents.
« Le fait que l’hyperfamiliarité des visages ne résulte pas d’un fonctionnement anormal du traitement visuel, mais d’une forme d’hypersensibilité de la mémoire pourrait orienter les futures interventions visant à traiter ce trouble », conclut-il.
Autre phénomène cognitif intrigant : le « jamais-vu », où une situation ou un mot pourtant familier est soudain perçu comme totalement inconnu.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
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