Vue d’artiste d’Ursus spelaeus — © Sergiodlarosa / Wikimedia Creative Commons

C’est une découverte paléontologique majeure. Des éleveurs de rennes travaillant sur les îles Lyakhovsky, dans l’Arctique russe, ont récemment trouvé la dépouille d’un ours des cavernes incroyablement bien conservée.

Une découverte paléontologique inédite

Révélés par la fonte du permafrost, les restes sont ceux d’un spécimen d’Ursus spelaeus, espèce d’ours préhistorique ayant évolué en Eurasie durant la dernière période glaciaire et s’étant éteinte il y a 15 000 ans environ. Très bien préservée, cette carcasse constitue une découverte majeure pour les scientifiques de l’université fédérale de Iakoutsk, étant donné que jusqu’à présent, seuls des squelettes incomplets avaient été mis au jour pour cette espèce préhistorique. Selon les premières observations, l’animal aurait vécu dans cette partie reculée de la Sibérie il y a entre 22 000 et 39 500 ans.

« Il s’agit d’une découverte fabuleuse et inédite : une carcasse d’ours des cavernes complète avec des tissus mous », s’enthousiasment la chercheuse Lena Grigorieva et ses collègues, qui n’ont pas encore l’occasion de se rendre sur les lieux en raison de la nature isolée du site. « Il est complètement préservé, avec tous les organes internes en place, y compris sa truffe. »

Les ours des cavernes partageaient les paysages glacés de l’Europe et de l’Asie avec d’autres créatures impressionnantes, telles que les mammouths laineux, les tigres à dents de sabre ou les paresseux géants. Selon les chercheurs, les individus adultes les plus imposants pouvaient peser jusqu’à une tonne, soit 225 kilos de plus que les spécimens d’ours modernes les plus massifs.

Dans un communiqué, Grigorieva a annoncé que les éleveurs de rennes à l’origine de cette découverte historique avaient transféré les droits de recherche aux scientifiques de l’université fédérale de Iakoutsk, et précisait que l’âge de l’ours n’était qu’une estimation. Dans les semaines qui viennent, la chercheuse et ses collègues prévoient de procéder à une datation au radiocarbone afin de connaître l’âge précis de l’animal, et procéderont également à une analyse génétique de la carcasse afin d’en apprendre davantage sur cette espèce préhistorique.

L’analyse isotopique des dents du spécimen récemment découvert et du contenu de son estomac pourrait renseigner les chercheurs sur son régime alimentaire (herbivore ou omnivore opportuniste) et son aire de répartition géographique, tandis l’étude de l’ADN offrirait de nouvelles perspectives sur son histoire évolutive et ses caractéristiques génétiques uniques.

Des découvertes amenées à devenir de plus en plus fréquentes sous l’effet du réchauffement climatique

Alors que les effets du changement climatique se font sentir partout dans le monde, le permafrost sibérien qui, comme son nom l’indique, devrait normalement rester gelé toute l’année, commence à fondre. Ce qui se traduit par la découverte d’un nombre croissant de restes de créatures de l’ère glaciaire, piégés à l’intérieur de celui-ci pendant des dizaines de milliers d’années. Ces dernières années, de nombreux ossements et restes de mammouths ont été mis au jour dans les îles Lyakhovsky, où la dépouille de l’ours des cavernes a été trouvée.

En 2019, un groupe de scientifiques avait annoncé la découverte d’une tête de loup vieille de 40 000 ans et particulièrement bien conservée (incluant fourrure, dents, cerveau et tissus faciaux), sur les berges d’une rivière en Iakoutie. Parmi les autres créatures anciennes trouvées dans la région figuraient également un lionceau des cavernes et un poulain vieux de 42 000 ans. Avec l’accélération du réchauffement climatique, les scientifiques s’attendent à ce que de telles découvertes deviennent de plus en plus fréquentes.

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