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On a tous déjà humé cette odeur particulière après un épisode pluvieux. Une odeur provenant de la Terre que la pluie semble avoir libérée… ou bien c’est la pluie elle-même qui a apporté une odeur avec elle ? Pourtant, la pluie n’est-elle pas à priori inodore ? Cessez de vous tourmenter l’esprit avec ces questions. On a la réponse !

Les caméras à haute vitesse nous montrent ce qui se passe vraiment entre la pluie et le sol

Des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) ont relevé le défi d’expliquer le phénomène de l’odeur de pluie. Pour ce faire, ils se sont équipés de caméras à très haute vitesse et ont filmé ce qui se passe quand les gouttes de pluie tombent sur le sol, et le résultat est stupéfiant !

En fait, quand les gouttes tombent sur le sol, de minuscules bulles d’air se forment sur leur point d’impact. Par la suite, ces bulles d’air remontent à travers la goutte et viennent s’éclater à sa surface, projetant ainsi des aérosols dans l’air. En d’autres termes, l’odeur de terre mouillée que l’on sent après la pluie, c’est une réaction physique provoquée par l’impact des gouttes de pluie sur le sol.

L’impact des gouttes d’eau sur le sol entraîne la formation de bulles d’air.

L’odeur de pluie se propage plus sur certaines surfaces

Allant plus loin, les chercheurs ont voulu mesurer la quantité d’aérosols dégagés par rapport à la vitesse de chute des gouttes et la porosité de la surface d’impact. Pour cela, ils ont filmé pas moins de 600 chutes de gouttes d’eau sur 28 types de surfaces différentes dont 12 étaient des surfaces artificielles et 16, des échantillons de sol.

L’étude, parue le 14 janvier 2015 dans Nature Communications a révélé que l’odeur de pluie se diffusait plus quand la surface était légèrement poreuse, comme sur l’argile ou la terre battue, et quand la pluie est faible ou modérée. Les chercheurs ont effectivement expliqué que « lorsque la pluie est diluvienne, et que les gouttes arrivent trop vite, les bulles d’air n’ont pas le temps de s’y former. »

L’odeur se répand plus sur les surfaces poreuses et quand la pluie est modérée.

Une question qui en soulève une autre

En revanche, la réponse à la question de l’odeur de pluie en a soulevé une autre. En effet, les chercheurs se sont demandé si les aérosols projetés en l’air pouvaient contenir des molécules aromatiques ou encore des virus ou des bactéries du sol. Ils ont alors tenté une expérience.

Les chercheurs ont fait tomber des gouttes d’eau sur une surface recouverte d’une encre fluorescente et ont constaté que des petites particules d’encre s’étaient dispersées au point d’impact de la goutte. Ainsi, les particules d’encre pouvaient bien se disperser dans l’air. Si d’autres études viennent consolider ce résultat, cela permettra aux chercheurs d’émettre une nouvelle hypothèse sur la manière dont les épidémies se propagent.

Ce mécanisme pourrait aussi servir à comprendre la propagation des épidémies.

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