Image d’illustration — Erondell / Shutterstock.com

Le Dineobellator notohesperus permet aux scientifiques de mieux comprendre la paléo-biodiversité du sud-ouest américain, en leur offrant une image plus claire de ce qu’était la vie dans cette région il y a 67 millions d’années.

Un spécimen de taille réduite

Décrite dans la revue Scientific Reports, cette nouvelle espèce de dinosaure a pu être identifiée à la suite de fouilles successives réalisées dans le bassin de San Juan, au Nouveau-Mexique, connu pour abriter des roches datant du Crétacé. Démarrées en 2008, celles-ci ont permis à une équipe de scientifiques dirigée par Steven Jasinski, de l’université de Pennsylvanie, de mettre au jour le fossile, incomplet, du premier spécimen connu de Dineobellator notohesperus, signifiant « guerrier navajo du sud-ouest », en l’honneur des membres du peuple amérindien vivant dans la région où le dinosaure a été découvert.

À l’instar du vélociraptor, son cousin asiatique, le Dineobellator appartient à un groupe de dinosaures connus sous le nom de droméosauridés. Les membres de ce groupe sont aujourd’hui communément appelés « raptors », grâce à des films tels que Jurassic Park et Jurassic World. Mais contrairement aux créatures terrifiantes dépeintes dans ces films, Dineobellator ne mesurait qu’un mètre au garrot pour 2 mètres de long, soit beaucoup moins que ses homologues hollywoodiens.

Les droméosauridés étaient globalement des prédateurs de petite taille et pourvus d’une ossature fine. Par conséquent, leurs restes sont rares, en particulier dans le sud-ouest des États-Unis et au Mexique. Bien que tous les os du spécimen découvert n’aient pas été retrouvés, ceux de son avant-bras possédaient des nopes, de petites bosses laissant penser que le Dineobellator, comme le vélociraptor, possédait des plumes, ancrées par des ligaments.

Plusieurs spécimens de Dineobellator imaginés par l’artiste Sergey Krasovskiy

Des caractéristiques physiques étonnantes

Les caractéristiques des membres antérieurs de l’animal, y compris les zones élargies des griffes, suggèrent quant à elles que ce dinosaure était en mesure de fléchir largement ses bras et ses mains : une capacité qui aurait pu lui permettre d’agripper fermement ses proies.

Sa queue possédait également des caractéristiques uniques : alors que l’appendice de la plupart des rapaces possédait une structure rigide, celui du Dineobellator était plutôt flexible à sa base et agissait comme un gouvernail. « Pensez à ce qui se passe avec la queue d’un chat lorsqu’il court », avance Jasinski. « Une queue rigide et très mobile à sa base permet une plus grande agilité et des changements de direction plus rapides, ce qui aurait pu offrir un avantage certain au Dineobellator lorsqu’il poursuivait ses proies, en particulier dans les habitats plus ouverts. »

Ces analyses offrent une image plus claire des droméosauridés d’Amérique du Nord, notamment en ce qui concerne la répartition des plumes sur leurs membres. « Comme nous constatons que de plus en plus de membres possédaient des plumes, il est probable que l’ensemble des droméosauridés en étaient pourvus », déclare Jasinski, qui estime que cette découverte laisse également entrevoir certaines habitudes de prédation d’un groupe de dinosaures carnivores emblématiques, ayant vécu juste avant l’extinction massive du Crétacé.

L’équipe de Jasinski prévoit de poursuivre ses recherches sur le terrain au Nouveau-Mexique dans l’espoir de trouver d’autres fossiles de Dineobellator et de dinosaures avec lesquels l’espèce partageait la région.

Reconstitution du squelette du Dineobellator notohesperus à partir des os découverts par les chercheurs (en blanc) – © Steven E. Jasinski / Scott Hartman – Nature Creative Commons

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