meteorite
— Alex.K Photography / Shutterstock.com

L’analyse d’un échantillon de l’une des météorites les plus massives jamais trouvées sur Terre a révélé la présence de deux minéraux ferreux jamais observés dans la nature, indiquant des processus géologiques inédits.

L’elaliite et l’elkinstantonite

Présentés à l’occasion du Space Exploration Symposium 2022, les deux nouveaux minéraux ont été découverts dans une météorite tombée près de la ville d’El Ali, en Somalie. Si l’existence de cette roche spatiale de plus de 15 tonnes, surnommée « Nightfall », était connue des habitants de la région depuis des générations, il a fallu attendre 2020 pour que les chercheurs puissent finalement commencer à l’étudier.

Un petit fragment de 70 grammes de la météorite a été envoyé à des scientifiques de l’université de l’Alberta afin d’établir la liste des matériaux la composant. Son examen a rapidement révélé la présence de deux nouveaux minéraux constitués de fer, de polonium et d’oxygène. Le premier a été baptisé elaliite, du nom de la ville près de laquelle elle était tombée, et le second elkinstantonite, du nom de Lindy Elkins-Tanton, chercheuse principale de la mission Psyché de la NASA, visant à étudier un astéroïde orbitant entre Mars et Jupiter.

L’identification rapide de ces nouveaux minéraux s’explique par le fait qu’ils avaient déjà été produits synthétiquement en laboratoire dans les années 1980. L’équipe a ainsi pu faire correspondre rapidement leur composition et leur structure cristalline. Si cela n’en fait pas à proprement parler de « nouveaux » minéraux, il s’avère que ces substances inorganiques solides ne peuvent être officiellement classées comme telles tant qu’elles n’ont pas été observées dans la nature.

D’importantes implications

Selon l’équipe, l’elaliite et l’elkinstantonite pourraient non seulement contribuer à mettre en évidence de nouveaux processus géologiques et chimiques éclairant la formation du Système solaire, mais également trouver des applications dans un large éventail de domaines.

« Chaque fois que vous trouvez un nouveau minéral, cela signifie que les conditions géologiques réelles, la chimie de la roche, étaient différentes de ce qui a été trouvé auparavant », explique Chris Herd, chercheur à l’université de l’Alberta. « C’est ce qui rend cette découverte passionnante : dans cette météorite particulière, vous avez deux minéraux officiellement décrits qui sont nouveaux pour la science. »

Si un éventuel troisième nouveau minéral est actuellement examiné par les experts, une analyse plus poussée d’autres échantillons pourrait en révéler encore davantage. Malheureusement, la météorite d’origine semble avoir disparu. La rumeur veut que la roche ait été transportée en Chine pour y être vendue sur les marchés internationaux.

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