
Les preuves paléontologiques et archéologiques indiquent que les Néandertaliens ont occupé une bonne partie de l’Europe et de l’Asie de l’Ouest. Des recherches suggèrent aujourd’hui des incursions jusqu’aux étendues désertiques de l’Arabie.
Cap au sud
L’aire de répartition méridionale historique d’Homo neanderthalensis, qui vivait il y a entre 400 000 et 39 000 ans, s’étendait de la côte ouest de la péninsule ibérique aux contreforts de l’Altaï, en Sibérie, et aux monts Zagros, en Iran. Mais au fil des décennies, plusieurs découvertes ont suggéré que nos cousins disparus s’étaient aventurés bien plus au sud.
Plutôt que des ossements fossilisés ou des échantillons d’ADN, les auteurs de la nouvelle étude ont comparé des éclats d’outils lithiques typiques de la technique Levallois, associée à la fois à Néandertal et Homo sapiens, provenant de sites préhistoriques d’Afrique du Nord-Est, d’Arabie et du Moyen-Orient.
Les exemples aux caractéristiques les plus intrigantes étaient ceux de Jebel Katefeh-1 (JKF-1), dans le désert du Néfoud, au nord de l’Arabie saoudite. Des comparaisons avancées, à l’aide de puissants algorithmes, ont permis d’établir qu’il s’agissait de l’œuvre de nos cousins disparus, plutôt que de nos propres ancêtres, avec une précision allant jusqu’à 93 %.
Ces artefacts ont été façonnés il y a environ 55 000 ans, lors d’un épisode humide postérieur à ceux de « l’Arabie verte », généralement associés aux dispersions réussies d’H. sapiens hors d’Afrique. D’après l’équipe, cette chronologie cadre avec l’expansion avérée des Néandertaliens au Moyen-Orient (il y a entre 75 000 et 50 000 ans), et suggère qu’ils auraient pu continuer à progresser vers le sud.

Une hypothèse à étayer
La confirmation définitive que les Néandertaliens étaient présents dans cette partie aride du globe au cours de la dernière période glaciaire passera par la découverte d’ossements ou des séquençages génétiques.
Mais ces travaux, publiés dans la revue Quaternary Science Reviews, vont dans le sens d’études récentes, concluant que leur aire de répartition était sans doute bien plus étendue que prévu en Asie.
« Un biais de recherche privilégiant l’Europe occidentale continue d’influencer la perception de cette espèce, tandis qu’à l’inverse, un regard tourné vers l’Afrique façonne les interprétations de la préhistoire arabe », rappellent leurs auteurs.
Plus tôt cette année, des analyses génétiques avaient éclairé « l’aire d’acoquinage » de nos ancêtres avec les Néandertaliens.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
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