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Les Néandertaliens étaient « friands » d’insectes, quand nos ancêtres ne pouvaient les supporter

Ce qui pourrait expliquer l’aversion toujours répandue pour ces sources de protéines

— Chalie Chulapornsiri / Shutterstock.com

Riches en protéines et depuis longtemps consommés dans certaines régions du monde, les insectes ne figuraient pas au menu des chasseurs-cueilleurs préhistoriques d’Europe et d’Asie centrale pour une raison simple : leur incapacité à les digérer.

Des comparaisons révélatrices

À l’heure où la population mondiale dépasse les 8 milliards d’âmes, les 1 611 espèces d’insectes comestibles répertoriées constitueraient une réponse durable à la demande croissante en nourriture. Mais s’ils sont considérés comme des mets raffinés sous les tropiques, peu d’Occidentaux semblent prêts à franchir le pas. Afin d’établir les origines de cette apparente aversion, des chercheurs ont procédé à une vaste analyse génétique.

Celle des 18 échantillons de tartre dentaire néandertalien a révélé la présence d’une quantité d’ADN d’insectes comparable à celle trouvée chez les chimpanzés, indiquant une consommation régulière de ces créatures. Dans le cas de nos cousins disparus, les concentrations isotopiques d’azote indiquent qu’il s’agissait essentiellement de larves de mouches et d’œufs de moustiques, provenant probablement de charognes.

En comparaison, les proportions étaient nettement plus faibles pour les centaines d’échantillons de tartre d’Homo sapiens, indiquant une consommation d’arthropodes très rare, voire accidentelle, chez nos ancêtres préhistoriques vivant en Europe.

Des séquençages supplémentaires ont montré que seuls les systèmes digestifs des Néandertaliens, Dénisoviens, ainsi que des humains pré-néolithiques vivant sous les tropiques, disposaient de l’arsenal enzymatique nécessaire pour décomposer la chitine, dont est essentiellement composé l’exosquelette des insectes. Chez les H. sapiens d’Europe et des régions plus froides d’Asie, cette capacité semble avoir été perdue il y a environ 9 000 ans, et reste notoirement absente chez les populations modernes des latitudes tempérées.

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— Gorodenkoff / Shutterstock.com

Sélection naturelle

Selon les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Science Advances, les concentrations plus importantes de moustiques sous les tropiques impliquaient qu’ils pouvaient être récoltés facilement et massivement.

« En conséquence, leur digestibilité a été favorisée par la sélection naturelle », notent-ils. « Sous les latitudes plus septentrionales, il s’agissait d’une ressource alimentaire rare et saisonnière, qui a conduit à la disparition des adaptations nécessaires à leur consommation. »

Bien qu’une large part de la population mondiale ne soit pas capable de digérer les insectes entiers, l’équipe évoque la possibilité de retirer partiellement, voire intégralement, la chitine des larves avant qu’elles ne soient transformées et consommées.

Précédemment, des chercheurs avaient suggéré de manger plus de python pour réduire l’impact environnemental de la consommation de viande.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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