
En Pologne, des pièges photographiques ont capturé un comportement de prédation inattendu : une meute de loups s’attaquant à un bison, animal terrestre le plus massif d’Europe.
Des interactions peu documentées
Pouvant peser jusqu’à 900 kg, le bison d’Europe (Bison bonasus) était autrefois largement présent sur le Vieux continent, mais sa chasse généralisée et l’expansion humaine au cours du XIXe siècle ont conduit à sa disparition à l’état sauvage au tout début du suivant. Il a fallu attendre les années 1950 pour que celui-ci commence à y être réintroduit. Aujourd’hui, on estime ses populations à environ 9 000 individus.
Pourtant, jusqu’à récemment, les scientifiques n’avaient documenté qu’une poignée d’interactions entre ces grands bovidés et le loup gris, dont les effectifs européens ont augmenté d’environ 58 % entre 2012 et 2022.
En visionnant les images de l’une des caméras à détection de mouvement placées dans la forêt de Białowieża, berceau de la réintroduction de B. bonasus en Europe, Robin Wijnands, de l’Académie polonaise des sciences, et ses collègues ont documenté l’impressionnante attaque d’un groupe de 11 bisons par 7 loups plutôt intrépides en septembre 2025.
Aux premières lueurs de l’aube, plusieurs canidés ont entrepris de détourner l’attention des adultes pendant que le reste de la meute ciblait un bisonneau nouveau-né, traqué et mordu au niveau du cou à au moins deux reprises. Si, au cours de cet assaut d’une vingtaine de minutes, les bisons ont repoussé à plusieurs reprises les loups et formé un cercle protecteur autour du bisonneau, les images n’ont pas permis de déterminer s’il avait survécu.
Pas nécessairement une mauvaise nouvelle
En raison de l’abondance de proies nettement plus abordables à Białowieża, l’équipe ne s’attendait pas à y observer de telles scènes. Si elles suggèrent que les bisons figurent plus souvent au menu des loups qu’on ne le supposait, il ne s’agirait pas nécessairement d’une mauvaise nouvelle pour la conservation de ces grands herbivores.
Comme le rappellent les auteurs de l’étude, publiée dans la revue Ecology and Evolution, les bisons peuvent détériorer les cultures et perturber les habitats d’autres espèces sauvages déclinantes.
« Une fréquence plus élevée de ce type de prédation pourrait même contribuer à stabiliser leurs populations en Europe », avance Wijnands, qui s’attelera prochainement à en estimer les conséquences écologiques potentielles.
À noter qu’en 2022, le Royaume-Uni avait accueilli ses premiers bisons européens depuis 6 000 ans.
Par Yann Contegat, le
Source: New Scientist
Étiquettes: europe, loup, bison
Catégories: Actualités, Animaux & Végétaux