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Une équipe de plongeurs dirigée par l’Institut européen d’archéologie sous-marine (IEASM) s’est aventurée dans la cité engloutie de Thônis-Heracleion, dans la baie égyptienne d’Aboukir. Ils y ont fait la formidable découverte d’un navire militaire daté du deuxième siècle avant notre ère. Le navire aurait été amarré à côté de la ville du temple d’Amon. Mais l’effondrement du bâtiment a également causé le naufrage du bateau, cédant sous le poids des gros blocs composant la structure.

Découverte d’un ancien navire militaire dans la ville engloutie de Thônis-Heracleion

Des plongeurs ont découvert un ancien navire militaire dans une ville égyptienne submergée, Thônis-Heracleion. D’après Nehal Samir, un membre de l’équipe de recherche, le navire faisait 24 mètres de long sur 4 mètres de large. De plus, ce navire aurait été conçu dans un mélange de techniques égyptiennes et grecques anciennes. Les constructeurs ont utilisé des joints à tenon et à mortaise. Une partie du navire avait été construite à partir de bois réutilisé. Les chercheurs supposent alors que la construction de ce bateau s’est faite en Égypte. Le navire possédait à la fois des rames et une grande voile. Il avait un fond plat et une quille et les chercheurs supposent qu’il pouvait naviguer sur le Nil.

Le président fondateur de l’IEASM, Franck Goddio, a déclaré dans un communiqué qu’il est très rare de trouver des restes intacts de navires aussi anciens et rapides. Le seul navire comparable à ce navire nouvellement découvert serait le Marsala, daté de 235 avant notre ère, que les archéologues ont mis au jour dans l’ouest de la Sicile en 1971.

La récupération de ces vestiges anciens pourrait prendre des centaines d’années

Concernant la ville engloutie, Thônis-Heracleion est le plus grand port méditerranéen d’Égypte avant la construction de la ville d’Alexandrie. Le temple de la ville a été détruit vers 140 avant notre ère et au VIIIe siècle de notre ère, la ville de Thônis-Heracleion et sa voisine, Canopus, ont été submergées à la suite d’une série de tremblements de terre et de raz-de-marée. L’IEASM et le département d’archéologie sous-marine du ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités ont d’abord découvert Canopus en 1999, avant de trouver Thônis-Heracleion, en 2001, rapporte Smithsonian Magazine.

Outre le navire militaire, les fouilles ont également révélé l’existence d’un grand cimetière grec daté du début du IVe siècle avant notre ère. D’après Emily Sharpe, c’est seulement en redécouvrant la ville engloutie que les chercheurs ont réalisé que la ville d’Heracleion décrite par l’historien grec Hérodote au Ve siècle avant notre ère était le même endroit que Thônis, qui est juste son nom égyptien.

En tout cas, Goddio a déclaré à Art Newspaper que préserver ces objets sous l’eau serait une pratique laborieuse. Pourtant, l’idée de les récupérer prendrait également des centaines d’années. Les chercheurs ont déjà essayé de récupérer l’immense statue du dieu du Nil Hâpy dans la cité de Thônis-Heracleion et cela a pris deux ans et demi…

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