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Un fossile controversé vieux de 280 millions d’années révèle enfin sa véritable nature

« La réponse à toutes nos questions se trouvait juste devant nous »

fossile
Le fossile supposé de T. antiquus — © Dr Valentina Rossi

La réanalyse d’un célèbre fossile, découvert dans les Alpes italiennes dans les années 1930 et ayant longtemps intrigué les paléontologues, a permis de faire la lumière sur sa véritable nature.

Tridentinosaurus antiquus

Sur la base de ce qui ressemblait à l’empreinte de tissus mous préservés, Tridentinosaurus antiquus avait été initialement classé parmi les protorosaures, groupe de reptiles à long cou précurseurs des archosaures, qui comprennent les dinosaures disparus ainsi que les crocodiliens et les oiseaux actuels. Au cours des décennies suivantes, le spécimen, vieux de 280 millions d’années, a été mentionné dans diverses publications scientifiques et a influencé la vision qu’avaient les paléontologues de l’évolution des reptiles.

La présence de tissus mous aussi bien préservés pour un fossile aussi ancien semblant assez improbable, Valentina Rossi, de l’University College Cork, et ses collègues ont décidé de l’examiner à l’aide d’un large éventail d’approches, incluant la microscopie électronique à balayage et la spectroscopie.

L’analyse a révélé qu’une sorte de revêtement avait été appliqué sur le spécimen. S’il s’agit d’une technique souvent employée pour préserver les fossiles conservés ou exposés dans les musées, les chercheurs ont constaté que la supposée peau du reptile préhistorique était en réalité un ensemble de pigments noirs, probablement appliqués afin de mettre en valeur ce fossile mal conservé.

Les analyses d’échantillons de supposée peau fossilisée ont révélé l’absence de structures typiquement associées à ce type de tissu mou — © Rossi et al. / Paleontology 2024

« Les tissus mous fossilisés sont rares, mais ils peuvent révéler des informations biologiques importantes, par exemple la coloration externe, l’anatomie interne et la physiologie », expliquent les auteurs de l’étude, publiée dans la revue Paleontology. « La réponse à toutes nos questions se trouvait juste devant nous, nous devions étudier ce spécimen fossile en détail pour révéler ses secrets. »

De probables os de membres postérieurs et des ostéodermes

L’étude n’a pas été entièrement décevante sur le plan paléontologique. L’équipe a notamment constaté que les quelques os long qui auraient constitué les membres postérieurs de l’animal ressemblaient à ceux de certains ptérosauromorphes du Trias supérieur, un groupe de reptiles volants disparus, et noté la présence d’ostéodermes, de minuscules écailles semblables à celles des crocodiles.

Selon Rossi, ces différentes découvertes soulignent l’importance de faire preuve de prudence lors de l’utilisation de sources se référant à T. antiquus ou basées sur sa description originale.

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