— Ivan sonnekus / Shutterstock.com

Un ensemble de fossiles mis au jour dans les années 1960 en Tanzanie a été officiellement attribué à une espèce distincte d’archosaure, se trouvant à la base de la lignée évolutive des crocodiles.

Une créature redoutable

Les restes de Mambawakale ruhuhu avaient été extraits il y a près de 60 ans d’une formation géologique située dans le sud de la Tanzanie. Constituant les seuls exemples connus de l’espèce nouvellement identifiée, ceux-ci comprennent un crâne partiel, une mâchoire inférieure, plusieurs vertèbres et une main/patte, ayant permis la mise en évidence de plusieurs caractéristiques distinguant le reptile géant des autres archosaures trouvés dans la région.

Avec ses 5 mètres de long, la créature préhistorique était l’un des plus grands prédateurs connus du Trias moyen, il y a 247 à 237 millions d’années. Elle possédait un crâne allongé (plus de 75 cm de long), un museau épais et de larges cavités nasales, ainsi qu’une étroite mais puissante mâchoire hérissée de dents acérées, semblables à des couteaux.

« Ce prédateur terrifiant qui arpentait la Tanzanie il y a environ 240 millions d’années est l’un des plus anciens archosaures connus et un membre précoce de la lignée à laquelle appartiennent les crocodiles modernes », souligne le paléontologue Richard Butler, auteur principal de l’étude, parue dans la revue Royal Society Open Science.

Reconstruction artistique de Mambawakale ruhuhu basée sur les fossiles découverts en Tanzanie et l’anatomie de proches parents supposés de taille similaire — © Gabriel Ugueto

En plus d’ajouter un précieux maillon à la chaîne évolutive des crocodiliens, une telle découverte apporte également un nouvel éclairage sur la diversification rapide et précoce des archosaures.

Mettre en lumière la contribution des Tanzaniens

Dérivé du kiswahili (principale langue écrite de l’Afrique subsaharienne originaire de Tanzanie), Mambawakale signifie crocodile ancien, tandis que ruhuhu fait référence au bassin de Ruhuhu, où les restes fossiles ont été découverts.

En nommant ainsi le spécimen, les paléontologues ont souhaité mettre en lumière la contribution, jusqu’alors peu reconnue, des Tanzaniens au succès de l’expédition britannique de 1963.

Si la plupart des fossiles mis au jour au cours de cette campagne de fouilles avaient pu être rapidement catalogués et décrits, les restes de Mambawakale sommeillaient depuis plusieurs décennies dans les archives du Musée d’histoire naturelle de Londres, ce qui explique leur examen tardif.

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