Selon une nouvelle étude franco-américaine, les espèces marines et terrestres migrent de manière bien différente pour faire face au réchauffement climatique. Des recherches qui ouvrent de nouveaux enjeux pour comprendre la réponse de la biodiversité face aux changements de climat.

Mieux comprendre la réponse de la biodiversité face aux changements climatiques

Selon une nouvelle étude franco-américaine réalisée sur 12 500 espèces et publiée dans la revue Nature Ecology & Evolution, les espèces marines et terrestres migrent différemment en raison du réchauffement climatique. “Cette analyse permet de mieux comprendre la réponse de la biodiversité face aux changements climatiques. Les enjeux sont majeurs”, a rapporté Jonathan Lenoir, scientifique spécialisé dans l’écologie à l’université de Picardie, à Amiens, et co-auteur de cette étude avec six autres chercheurs.

Grâce à leurs recherches, ces spécialistes ont pu découvrir que les espèces marines migrent plus vite que les espèces terrestres. Une différence non sans conséquence et qui montre qu’avec le réchauffement climatique, certaines espèces migrent surtout afin de retrouver un habitat naturel bien plus clément.

Les spécialistes nomment ce phénomène « redistribution de la biodiversité ». Ils ont également expliqué que les espèces se dirigent surtout vers les pôles. Ainsi, les espèces marines migrent six fois plus vite que les espèces terrestres. Alors qu’un animal terrestre ou une plante avance d’environ 1,1 km par an, les animaux marins progressent de 6 km dans l’eau chaque année.

— Mr. JK / Shutterstock.com

Un risque d’extinction plus rapide

Cette différence s’explique par les entraves aux déplacements qui sont plus grandes sur terre que dans l’eau. La pression des activités humaines freine la progression des espèces terrestres. Avec un risque d’extinction plus rapide si celles-ci ne parviennent pas à retrouver des conditions climatiques favorables à leur développement et leur survie”, a expliqué Jonathan Lenoir à 20 Minutes.

L’incidence sur les ressources de la pêche risque de se faire sentir. En mer du Nord, la surpêche et, au contraire, l’installation de zones de protection dans des pays nordiques ne font qu’accentuer le phénomène. Les pays riches, comme la Norvège, qui ont les moyens de mettre en place une politique efficace de conservation des espaces naturels vont donc pouvoir profiter encore plus des ressources halieutiques à l’avenir”, a-t-il également ajouté.

Diverses raisons de migration

Cette nouvelle étude a également montré que cette migration climatique présente des limites. “En montagne, généralement, on voit les espèces progresser vers les sommets, gagnant en moyenne 2 m d’altitude par an, raconte le scientifique. Or, en Californie, une étude de 2011 montrait que des plantes forestières avaient tendance à se déplacer vers des altitudes plus basses, pour retrouver le même volume de pluies.”

Le réchauffement climatique n’est donc pas l’unique raison expliquant des migrations de la biodiversité. “Comprendre cette complexité est important. Car la biodiversité affecte notre quotidien dans tous les domaines, autant pour les ressources alimentaires que la santé humaine”, a conclu Jonathan Lenoir.

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