manque sommeil
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C’est un fait, le manque de sommeil est mauvais pour notre santé et notre bien-être. Mais cela pourrait être encore pire que nous le pensions auparavant. Une nouvelle étude a en effet montré que le manque de sommeil entraîne des modifications structurelles dans les cellules souches immunitaires.

Le manque de sommeil à l’origine de troubles inflammatoires

Même à court terme, un manque de sommeil peut avoir un impact sur la santé, le bien-être et l’humeur. Avec un manque de sommeil prolongé, les conséquences sont encore pires. Des études ont notamment associé le manque de sommeil prolongé à des problèmes de santé comme l’obésité, le diabète, les maladies cardio-vasculaires, l’anxiété et la dépression. Le manque chronique de sommeil peut même entraîner des modifications de l’apparence physique et des problèmes immunitaires.

Selon une nouvelle étude réalisée par les chercheurs de l’Icahn School of Medicine at Mount Sinai à New York, un manque régulier de sommeil de 90 minutes peut altérer la structure de l’ADN des cellules souches immunitaires (ou cellules hématopoïétiques) qui produisent les globules blancs (ou cellules immunitaires). Notons que ce sont ces cellules immunitaires qui permettent de combattre les infections. Si le nombre de ces cellules devient trop élevé, elles peuvent également réagir de manière excessive et provoquer une inflammation.

Selon les résultats de l’étude publiée dans la revue Journal of Experimental Medicine, la modification structurelle des cellules souches immunitaires à cause du manque de sommeil peut les amener à agir de manière inappropriée et à produire un excès de cellules immunitaires. Or, l’excès de cellules immunitaires peut non seulement augmenter les risques de développer des troubles inflammatoires, mais aussi des maladies cardiaques, ainsi que de provoquer un vieillissement du système immunitaire. Selon les chercheurs, le pire étant que ces changements subis par les cellules souches immunitaires sont durables.

femme qui dort
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Un constat qui a été observé à la fois chez les humains et les souris

Pour aboutir à cette conclusion, les chercheurs ont recruté 14 adultes en bonne santé qui dorment régulièrement huit heures par nuit. Dans un premier temps, les participants ont été suivis pendant six semaines alors qu’ils dormaient au moins huit heures par nuit. Ensuite, leur temps de sommeil nocturne a été réduit d’une heure et demie chaque nuit pendant six semaines. Des analyses de sang et de prélèvement de la moelle osseuse ont été réalisées pendant les deux phases de l’expérience.

Après comparaison, il a été constaté qu’il y a eu non seulement une augmentation du nombre de cellules hématopoïétiques, mais aussi une altération de la structure de leur ADN. Il a également été constaté qu’après six semaines de restriction de sommeil, le nombre de globules blancs avait augmenté. Les chercheurs ont également mené des expériences similaires sur des souris. Chez les souris, le sommeil a notamment été fragmenté pendant 16 semaines, puis elles ont traversé une phase de récupération du sommeil perdu pendant 10 semaines.

Les résultats chez la souris étaient cohérents avec les résultats chez l’Homme. Il a en effet été constaté que la privation et la fragmentation du sommeil chez les souris a provoqué des changements significatifs dans leurs cellules souches immunitaires, produisant un nombre accru de cellules immunitaires. Les tests chez les souris ont également permis de constater que la récupération du sommeil n’était pas en mesure d’inverser complètement les effets d’une mauvaise hygiène du sommeil sur les cellules souches immunitaires.

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