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Des chercheurs américains ont identifié une voie moléculaire alternative permettant de réguler efficacement la glycémie, ce qui pourrait ouvrir une toute nouvelle voie pour le traitement du diabète.

L’hormone FGF1

Normalement, le rôle de l’insuline est de répondre aux pics de glucose dans le sang, en incitant les cellules à utiliser ou à stocker cette énergie. Mais le diabète peut s’installer lorsque l’organisme ne peut pas produire suffisamment d’insuline ou qu’il devient résistant à cette hormone. Cela signifie bien sûr que l’insuline est la principale cible du traitement du diabète, mais il existe peut-être un autre moyen.

Il y a quelques années, des scientifiques de l’Institut Salk ont découvert qu’une molécule appelée FGF1 remplissait une fonction similaire à celle de l’insuline. À l’époque, une seule injection de l’hormone à des souris diabétiques avait permis de ramener leur glycémie à des niveaux normaux pendant plus de deux jours, et des études ultérieures avaient montré que des injections cérébrales de FGF1 entraînaient une rémission du diabète pendant des semaines, voire des mois.

Pour cette nouvelle étude parue dans la revue Cell Metabolism, l’équipe a examiné en détail le mécanisme derrière cette molécule. S’il s’est avéré que FGF1 fonctionnait à certains égards comme l’insuline, notamment en régulant la production de glucose dans le foie et en supprimant la dégradation des graisses (lipolyse), la voie moléculaire utilisée s’est révélée complètement différente. Alors que l’insuline s’appuie sur l’enzyme PDE3B pour activer une voie de signalisation supprimant la lipolyse, FGF1 en utilise une autre, appelée PDE4.

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Une seconde boucle présentant tous les avantages d’une voie parallèle

« Ce mécanisme est fondamentalement une seconde boucle, avec tous les avantages d’une voie parallèle », explique Gencer Sancar, auteur principal de l’étude. « En cas d’insulinorésistance, la signalisation de l’insuline est altérée. Cependant, avec une cascade de signalisation différente, si l’une ne fonctionne pas, l’autre pourra assurer ce rôle. De cette façon, vous avez toujours le contrôle de la lipolyse et la régulation de la glycémie. »

Cette différence cruciale ouvre la voie à des traitements alternatifs du diabète. Selon l’équipe, FGF1 pourrait être modifiée pour améliorer l’activité de la PDE4, et d’autres points de la voie ciblés.

« La capacité unique de FGF1 à induire une baisse durable du glucose chez les souris diabétiques insulinorésistantes représente une voie thérapeutique prometteuse pour les patients humains touchés par cette maladie », estime Michael Downes, co-auteur de l’étude. « Maintenant que nous disposons d’une nouvelle voie, nous pouvons également déterminer son rôle dans l’homéostasie énergétique de l’organisme et comment la manipuler. »

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